« En 2020, le combat d’opinion contre le chauffage des serres continue », affirme le réseau Gab-Frab (1) de Bretagne dans un communiqué le 14 avril. Le 11 juillet 2019, le chauffage des serres en agriculture biologique était autorisé, mais limité, par le Cnab (2). La décision n’avait pas fait l’unanimité dans le secteur.

Expliquer les valeurs du réseau Fnab

Les premières tomates bio françaises produites sous serres chauffées vont faire leur apparition sur les étals le 1er mai 2020. Le réseau estime qu’elles « feront sans doute encore parler d’elles », même si elles ne sont produites que par « une infime partie des producteurs bio français ».

Ceux-ci sont, pour la Fédération, susceptibles « à eux seuls déstabiliser le marché en place et discréditer l’image de marque de la bio auprès des consommateurs ».

« À nous de poursuivre l’effort pédagogique cette année encore auprès des consommateurs bio pour expliquer les valeurs et l’attachement du réseau Fnab à des fruits et légumes produits le plus naturellement possible. »

Définition « trop large » des énergies utilisables

Le Cnab a statué sur l’obligation d’utiliser uniquement des énergies renouvelables pour le chauffage des serres.

Pour le réseau Gab-Frab de Bretagne, « le combat continue aussi » quant aux énergies renouvelables acceptables, dont la définition lui « semble encore trop large ». Elle inclut, en plus des énergies issues des sources renouvelables (éolien, solaire, géothermie…), les offres « vertes » d’électricité et de biogaz, et l’énergie fatale (chaleur de récupération issue d’un autre procédé, comme la valorisation énergétique des déchets par exemple).

Pour le réseau, qui affirme que « la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas », le chauffage induit des « dépenses énergétiques inutiles ». Il affirme par ailleurs que ce système pourrait encourager le développement de la ferti-irrigation, qui « rompt complètement avec les grands principes de la bio et la demande sociétale ».

Il craint également une fragilisation économique des exploitations (augmentation des charges), des marchés (production hors saison, voire surproduction), et de l’offre variétale (adaptées au système et non au terroir).

H. Parisot

(1) La Fédération régionale des agriculteurs biologiques (Frab) de Bretagne et 4 Groupements d’agriculteurs biologiques (Gab).

(2) Comité national de l’agriculture biologique.