Dans un communiqué datant du 23 juillet 2020, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) annonce le retrait du consortium sélectionné pour conduire les études toxicologiques complémentaires sur l’étude du potentiel cancérogène du glyphosate.

Faisant suite aux controverses sur le classement cancérogène du glyphosate, l’Anses avait en effet conçu, avec ses collectifs d’experts, un dispositif d’études toxicologiques visant à compléter l’exploration du potentiel caractère cancérogène de cette substance. Au terme de l’appel à candidatures international lancé en 2019 pour réaliser ces études, un consortium scientifique coordonné par l’institut Pasteur de Lille, ainsi que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) pour une étude spécifique, avaient été retenus.

Au final, une seule étude retenue

Mais la sélection de certaines équipes ayant fait l’objet de critiques, le consortium de sept laboratoires sélectionné en avril dernier vient de se retirer, « les conditions de sérénité et de confiance nécessaires à la prise en compte de ces études lors de la réévaluation européenne du glyphosate en 2022 n’étant plus réunies. » De ce fait, l’Anses financera uniquement l’étude originale proposée par le CIRC avec des résultats attendus pour le second semestre de 2021.

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Climat de suspicion regrettable

L’Anses regrette cette situation et le climat de tension et de suspicion qui entoure la question de l’évaluation des dangers et des risques du glyphosate, « défavorable à la sérénité des débats scientifiques qui doivent exister ». Elle salue le courage des équipes qui ont accepté de candidater sur cette thématique dans un contexte d’opinion tendu.

Elle rappelle aussi que si la présence des mêmes scientifiques à plusieurs étapes du processus a pu interroger, l’absence de conflit d’intérêts du coordonnateur du consortium, et de tous les responsables des laboratoires impliqués, vis-à-vis de l’industrie phytosanitaire avait été vérifiée.

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C. F.