Alexis Duval confirme dans cette interview qu’une réflexion est engagée pour « ouvrir le capital » des activités industrielles du groupe « d’ici à deux ou trois ans. « Nous en parlerons avec nos coopérateurs lors de la prochaine assemblée générale, en juin prochain », précise-t-il.

Il estime que « dans un monde libéralisé, le modèle de financement de notre coopérative doit évoluer. Tereos a 7 milliards d’euros d’actifs, mais seulement 193 millions de capital : c’est un modèle de l’ancien monde. C’est un modèle qui était bien adapté dans un environnement agricole réglementé et prévisible. Les agriculteurs et leurs coopératives ont moins de visibilité. Dans un environnement plus cyclique, disposer de davantage de fonds propres est un atout pour continuer à travailler sur le long terme ».

Des restructurations en vue dans le secteur du sucre

Dans le contexte de prix bas actuels « encore plus dramatique » qu’en 2006, Alexis Duval prévient par ailleurs que « la question des restructurations va de nouveau se poser ».

« Les sucriers européens doivent se transformer ou arrêter leurs activités. On va continuer de faire du sucre en Europe, mais plus comme maintenant. Se transformer, c’est passer un nouveau cap en termes de compétitivité agricole, industrielle et logistique pour être concurrentiel au plan international, s’internationaliser et surtout se diversifier pour résister aux cycles ».

Le président du directoire de Tereos n’envisage toutefois pas de fermetures de sucreries au sein du groupe. « Au contraire, nous avons prévu d’investir dans nos neuf usines françaises pour en améliorer la productivité. Face à la crise qui s’annonce, il faut une réponse tranchée : soit on investit, soit on restructure. Nous avons investi 200 millions depuis cinq ans. Nous allons continuer. »

I.E.