Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Le gouvernement doit porter la filière des semences »

réservé aux abonnés

Souveraineté alimentaire - « Le gouvernement doit porter la filière des semences »
En 2020-2021, la France compte 17 800 agriculteurs multiplicateurs pour 1 million de tonnes de semences produites, selon l’UFS. © Cédric Faimali/GFA

L’Union française des semenciers (UFS) a dévoilé lors de sa conférence annuelle une liste de propositions à destination des différents candidats à l’élection présidentielle, pour soutenir la filière des semences française.

« Les semenciers ont trois défis à relever : la souveraineté alimentaire, le changement climatique et l’innovation », introduit Claude Tabel, président de l’Union française des semenciers (UFS) en conférence le 3 novembre 2021.

L’Hexagone reste le premier producteur européen et le premier exportateur mondial de semences. « L’agriculture française perd en compétitivité, alerte cependant Claude Tabel. La France a reculé de la seconde à la sixième place des exportateurs mondiaux, et nos importations augmentent malgré les plans de relance. L’action gouvernementale est déterminante pour permettre à nos entreprises de relever ces trois défis. »

Sécuriser la production de semences en France

« Les entreprises semencières ont besoin d’un cadre réglementaire cohérent, clair et sécurisé, pour leur permettre d’investir », indique Rachel Blumel, directrice générale de l’UFS. Elle insiste sur la nécessité de supprimer les distorsions de concurrence entre les États membres, ainsi que la surtransposition réglementaire française.

« Nous avons également besoin de cohérence des politiques publiques, ajoute-elle. Nous sommes souvent confrontés à des injonctions contradictoires. »

Soutenir l’innovation variétale

Pour l’UFS, le soutien à la création variétale passe d’abord par une réglementation européenne adaptée et un renforcement des dispositifs de financements publics. « Le crédit d’impôt à la recherche (CIR) est une mesure de soutien indispensable aux activités de recherche et développement des entreprises semencières, qui y consacrent 13 % de leur chiffre d’affaires, explique Rachel Blumel. Ce dispositif doit être pérennisé. »

« Nous avons également constaté une forte méconnaissance des métiers des semences. Comment être mieux connu ? s’interroge-t-elle. Le gouvernement doit organiser des événements autour des semences, de leur rôle stratégique. »

L’UFS demande également une « protection efficace contre les atteintes à l’exercice d’une activité légale ». « Nos entreprises subissent de plus en plus d’actions dogmatiques contre les parcelles de recherche, ou entrepôts de semences. Ces actions créent une suspicion contre les entreprises semencières qui respectent pourtant la loi », explique Rachel Blumel.

Garantir un cadre de production conforme aux exigences qualité

L’UFS demande par ailleurs une réglementation européenne stabilisée pour la commercialisation des semences, appliquée de manière uniforme entre les États membres. « Même si la sélection travaille sur des variétés mieux adaptées aux stress thermique et hydrique, nous sommes utilisateurs d’eau et avons besoin de la garantie à son accès pour la production de semences », rapporte Rachel Blumel.

La filière réclame également l’accès aux solutions de traitement de semences en cas d’impasses techniques, ainsi qu’un maintien de l’accès au marché international. « Nous sommes peu cités comme participant à la balance commerciale et aimerions que le gouvernement français porte la filière semencière », conclut-elle.

> À lire aussi : Hausse des charges, la Fnams veut revaloriser les contrats de production de semences (20/10/2021)

Justine Papin
Un peu plus d'informations sur le sujet

Si les surfaces consacrées à la multiplication de semences sont en hausse (402 810 ha consacrés à la production de semences en 2021), les aléas climatiques de cette campagne (printemps froid, précipitations importantes, récoltes tardives...) ont impacté les rendements.

« L’année a notamment été difficile tant au niveau production que qualité pour les légumineuses fourragères et légumes secs, alors que ces plantes font l’objet d’un plan protéines. C’est un enjeu de la souveraineté alimentaire », commente Claude Tabel.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités


Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !