La mise en place par Bruxelles d’une taxe antidumping sur les importations de solution azotée en provenance des États-Unis, de la Russie et de Trinité-et-Tobago passe mal chez les syndicats des producteurs de grandes cultures.

Les agriculteurs pénalisés

Dans un communiqué de presse diffusé le 12 avril 2019, l’AGPB (blé), l’AGPM (maïs), la CGB (betteraves) et la Fop (oléoprotéagineux) estiment que ces droits provisoires de 16 à 34 % vont « pénaliser encore un peu plus les producteurs de grandes cultures ».

Elles ont demandé au ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, en lien avec la FNSEA, « que la France vote contre la mise en place de ces droits antidumping, et comptent sur le gouvernement pour convaincre les autres États membres de faire de même.

Prix européens des engrais supérieurs aux prix internationaux

« Les producteurs de grandes cultures, qui produisent aux coûts européens, sont exposés aux importations et vendent leurs produits, notamment les céréales, aux prix du marché mondial, soulignent les syndicats. En revanche, le marché européen des engrais azotés, dominé par un nombre limité d’opérateurs, est protégé par des droits de douane et les prix y sont donc supérieurs aux prix internationaux. »

« Un surcoût évalué à un milliard d’euros par an est déjà supporté par les agriculteurs européens », chiffrent les organisations professionnelles. Car nos concurrents hors Union européenne ont accès à des fertilisants moins onéreux. Et de poursuivre : « Si la Commission et les États membres décident de rendre définitifs les droits antidumping sur la solution azotée, cela représenterait un coût supplémentaire de 500 millions d’euros par an à la charge des agriculteurs européens. Pour les producteurs de grains français, le prix à payer est du même ordre que leur résultat annuel moyen des 5 dernières années. »

I.E.