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Les trieurs à façon veulent entrer au Gnis

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Semences
 - Les trieurs à façon veulent entrer au Gnis
© T. Dhelin/GFAT. Dhelin

Le Staff se questionne sur l’absence de la semence de ferme au sein du Gnis et a, à ce titre, interpellé les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture.

La campagne 2018-2019 approchant, le Staff, Syndicat des trieurs à façon français, a rappelé ce mardi 19 juin 2018 au cours d’une conférence de presse que ces dernières campagnes près de 60 % des semences de céréales implantées en France étaient des semences de ferme alors qu’au début des années 2000, ce chiffre avoisinait plutôt les 40 %. Le Staff se questionne donc sur l’absence des semences de ferme au sein de l’interprofession. Il a interpellé les ministères de la transition écologique et de l’Agriculture à ce sujet, d’autant que le Gnis s’est ouvert dernièrement aux ONG.

Les cours imposent des réductions de coûts

Le Staff estime que la hausse de l’utilisation des semences de ferme est notamment due à un éclaircissement de la réglementation (loi d’obtention végétale de 2011) mais aussi aux bouleversements du marché céréalier. Cette année encore, les cours n’ont pas décollé durant toute la campagne. La réduction des coûts de production s’impose donc pour beaucoup d’agriculteurs. « En utilisant leur propre récolte, les agriculteurs bénéficient avec la semence de ferme d’un avantage structurel de l’ordre de 30 à 50 % », chiffrent les trieurs à façon.

Mais la pratique des traitements différenciés permet aussi de réduire l’emploi de produits pour en réserver l’usage aux parcelles à risque. De plus, « en facilitant la pratique des cultures en mélanges variétaux, la semence de ferme professionnelle contribue à limiter l’emploi de traitements fongiques et régulateurs durant la saison », pointe le Staff. Placés en première ligne, les trieurs professionnels constatent en effet depuis 4 à 5 ans un développement des cultures en mélanges variétaux. C’est pourquoi deux fiches actions sur ces thèmes sont en cours d’instruction.

L’enquête interne au Staff (42 entreprises adhérentes soit environ 40 % des trieurs) va dans ce sens puisqu’elle démontre que le nombre de clients augmente (+ 10 à 15 %) ainsi que celui des espèces triées. Les trieurs voient aussi le nombre de machine évoluer et de fait le nombre d’emploi aussi.

Ainsi nombre d’entreprises ont investi dans des séparateurs de graines, des machines dédiées au bio ou encore des nettoyeurs de céréales.

C.F.

La Confédération paysanne aussi

© C. Faimali/GFA
© C. Faimali/GFA

Lors d’une conférence de presse le 29 juin 2018 à Paris, la Confédération paysanne s’insurge sur le manque de représentativité et de démocratie au sein du Gnis (Groupement interprofessionnel des semences et plants).

« Actuellement les seuls agriculteurs qui sont représentés dans le collège producteur de l’interprofession sont les agriculteurs multiplicateurs de semences pour des entreprises commerciales, déplore Guy Kastler, responsable de la commission semences à la Confédération paysanne. Ce qui exclut la moitié de la filière des semences et plants à savoir les agriculteurs producteurs de semences de ferme et de semences paysannes. » Et de poursuivre : « Le Gnis propose une ouverture à la société civile mais pas aux syndicats minoritaires, ce n’est pas logique. »

Plan filière

La Confédération paysanne regrette aussi que « les décisions du gouvernement soient prises sur la base d’un plan décidé par un seul acteur de la filière. » Dans le cadre des États-généraux de l’alimentation, le gouvernement avait en effet demandé fin 2017 au Gnis d’élaborer un plan de filière, lequel a été « décidé par le seul conseil d’administration du Gnis ». Car selon le syndicat, pour l’élaboration de ce plan, « les autres acteurs n’ont été “ consultés ” que par le Gnis qui ne leur a consacré qu’une courte matinée ».

Le syndicat a par ailleurs pointé des « conflits d’intérêts au sein du Soc (service officiel de certification) ». Ce service fait partie du Gnis et la Confédération paysanne estime que « les agents du Gnis contrôlent de ce fait leurs propres employeurs et font de surcroît du conseil pour leur propre interprofession ».

I.E.

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