La fusion entre Dow et DuPont, l’acquisition de Syngenta par ChemChina et la fusion de Bayer et Monsanto, autant de phénomènes de « consolidation » qui, selon l’OCDE, soulèvent la question de savoir si « la concentration du marché conduit à une concurrence réduite, à des prix plus élevés et une moindre innovation, ce qui pourrait nuire aux agriculteurs et aux consommateurs ».

Coûts fixes élevés

« La consolidation des marchés mondiaux des semences est en cours depuis plusieurs décennies et résulte à la fois de coûts fixes élevés (en particulier en recherche et développement) et des complémentarités techniques et commerciales entre les semences, les technologies OGM et les produits de protection des plantes », résume l’OCDE. L’organisation considère qu’une « nouvelle complémentarité peut émerger aujourd’hui avec les technologies numériques et l’agriculture de précision. »

Toutefois, l’OCDE juge qu’en raison des désinvestissements imposés par les autorités de concurrence, « le risque d’effets néfastes sur les prix et l’innovation issue des fusions récentes semble actuellement limitée ».

Concentration faible en blé

La concentration sur le marché des semences varie considérablement selon les pays et les cultures. Elle a tendance à être plus élevée sur les marchés des semences de betteraves à sucre, de coton, de tournesol, de maïs et de colza, mais plus faible pour la pomme de terre, le soja, le blé et l’orge.

Concernant la technologie OGM, la concentration est en revanche plus élevée, le marché étant dominé presque exclusivement par de grandes multinationales.

Outre la politique de la concurrence, « plusieurs options politiques existent pour stimuler la concurrence et l’innovation sur les marchés de semences », estime l’OCDE, qui en cite quatre :

  • éviter les barrières réglementaires et les transactions inutiles à l’entrée, qui revêtent une importance particulière compte tenu de l’émergence de nouvelles techniques de sélection végétale potentiellement accessibles aux petites entreprises semencières.
  • s’assurer que les obtenteurs ont accès aux ressources nécessaires, par exemple en soutenant des procédures efficaces pour accéder au matériel génétique.

    « L’innovation dépend de l’accès aux ressources génétiques

    ainsi que la propriété intellectuelle », écrit l’OCDE dans son rapport.

  • Stimuler la recherche et développement publique et privée, notamment par le biais de partenariats
  • Utiliser des données précises pour étudier la concentration du marché.

I.E.