Au cours de sa conférence de presse annuelle qui a eu lieu ce 12 décembre 2017, le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) a indiqué avoir pris part aux États-généraux de l’alimentation (EGA) et être sur le point de rendre sa copie au sujet du plan de filière pouur les semences et plants.

« Un levier essentiel »

« Notre interprofession a pu convaincre ceux qui ne l’étaient pas au départ que la sélection végétale est un levier essentiel pour réussir la transition agroécologique de l’agriculture pour une alimentation saine et durable », souligne François Desprez, président du Gnis, au sujet des EGA. Mais pour que ce levier soit efficace, un certain nombre de conditions restent encore à remplir selon le Gnis.

L’interprofession souhaite notamment avoir accès aux nouvelles techniques de sélection, qui ne rentrent pas dans le champ de la directive 2001/18 sur les OGM. Elle souhaite aussi ne pas être privée d’un certain nombre de produits tant qu’il n’y a pas de solutions alternatives efficaces. C’est notamment l’exemple des traitements de semences néonicotinoïdes que le Gnis évoque pour illustrer ce dernier point.

Enjeux sociétaux pris en compte

Faisant suite aux EGA, les pouvoirs publics ont demandé au Gnis d’élaborer le plan de filière pour les semences et plants. L’interprofession présentera les éléments de ce plan au ministre de l’Agriculture le vendredi 15 décembre.

Elle propose dans un premier axe de répondre aux attentes des citoyens, consommateurs et clients en apportant de la transparence et en facilitant l’accès à l’information au sujet des variétés (caractéristiques, mode d’obtention, mode de propriété intellectuelle).

À ce titre, Catherine Dagorn, directrice générale du Gnis, indique que dès 2018, il y aurait un changement au sein du conseil d’administration avec la mise en place d’un comité chargé des enjeux sociétaux au sein du Gnis. Ce dernier aura pour rôle d’éclairer le conseil d’administration sur les attentes des citoyens et associera un certain nombre d’acteurs de la société civile.

Une sélection pour la bio

Le Gnis propose aussi de développer une sélection adaptée à l’agriculture biologique avec des expérimentations spécifiques au CTPS et avec le développement d’une offre transparente de semences et plants biologiques en adéquation avec les attentes du marché.

L’autre axe est l’innovation pour accompagner les filières en transition agroécologique. Une des actions est de contribuer à faire évoluer les caractéristiques sélectionnées dans ce sens (efficience des intrants, résistances aux maladies et ravageurs…).

Le constat, c’est aussi que certaines espèces sont orphelines en termes d’amélioration variétale. Pour le Gnis il est donc important de redynamiser l’amélioration variétale sur certaines espèces en s’appuyant sur des partenariats recherche publique-privée.

Dans son plan de filière, le Gnis propose aussi des évolutions réglementaires permettant un accès facilité à l’inscription au catalogue de certaines variétés. Les variétés de conservation par exemple, menacées d’érosion génétique (liste C du catalogue), ou des variétés de niche, qui correspondent à la liste D du catalogue.

Cette liste est en effet aujourd’hui réservée aux potagères. La demande de la filière est donc de l’élargir à l’ensemble des espèces agricoles afin de répondre à une demande de diversification de l’offre variétale.

C.F.