Les consommateurs sont-ils suffisamment informés au sujet des nouvelles techniques de sélection végétales ? Hélène Bergès (Inra), Jean-Christophe Gouache (Limagrain), Marie-Cécile Damave (Agridées) et Frédéric Descrozaille (député LREM) ont débattu autour de cette question le 3 avril. Les représentants de consommateurs manquant à l’appel n’avaient pas donné suite à l’invitation d’Euractiv, qui organisait l’événement.

Les intervenants se sont mis d’accord sur le fait que la question de l’information est davantage d’ordre qualitatif que quantitatif. Selon eux, les consommateurs montrent de l’intérêt pour les sujets relatifs aux OGM au sens large, mais ne sont pas assez bien informés. A été soulevée la question du traitement dans les médias grand public. En témoigne la résonance qu’a eue l’étude de Gilles-Éric Séralini, et beaucoup moins sa remise en cause par la communauté scientifique. « On ne fait pas les gros titres avec des trains qui arrivent à l’heure », a-t-on imagé.

« On pourrait en faire avec ceux qui arrivent en avance », a rebondi Marie-Cécile Damave, responsable innovations et marchés chez Agridées. Selon elle, il est nécessaire de davantage communiquer de manière positive et transparente sur ces questions. Sécurité alimentaire, réduction de l’utilisation des produits phytos et réchauffement climatique devraient, selon elle, revenir au centre du débat.

Positions tranchées

« Le débat est difficile en France car il est polarisé », a regretté Jean-Christophe Gouache, représentant l’union française des semenciers (UFS). Comme d’autres, il a déploré une dualité opposant les producteurs de semences paysannes aux entreprises semencières. Marie-Cécile Damave, elle, a regretté que toutes les NBT soient « mises dans le même sac, alors que cela fait référence à des techniques très diverses ». Pour Frédéric Descrozaille (député LREM), « la première chose à faire, c’est soulager la peur ».

H.P.