Des politiques du parti des Verts allemands ont signé le 10 juin 2020 une contribution « À temps nouveau, nouvelles réponses : réglementer le droit du génie génétique de manière moderne ». Ce document présente en six axes leur réflexion sur l’avenir des biotechnologies vertes, dont les OGM.

Ne pas se priver des nouvelles techniques

« Le rythme actuel de l’innovation est trop lent pour sauver le climat et l’environnement, avancent-ils. Nous devons compter sur des solutions différenciées qui intègrent de nouvelles technologies prometteuses. »

Selon eux, l’agriculture durable doit s’appuyer sur la sélection de variétés, de plantes résistantes aux maladies pour limiter l’utilisation des fongicides, et à haut rendement, pour conserver les sols.

Elle doit pouvoir recourir à de nouvelles méthodes et techniques telles que Crispr/Cas9, un outil de modification du génome, pour atteindre les objectifs de durabilité « plus facilement et plus rapidement ».

Réviser la réglementation sur les OGM

« La mutagenèse non dirigée a été classée comme génie génétique par la Cour de justice des Communautés européennes et comme “sûre” grâce à des années d’expérience avec elle, rappellent-ils. Elle est exemptée de la réglementation OGM. La raison pour laquelle cela ne devrait pas s’appliquer à la mutagenèse ciblée, telle que Crispr, reste ouverte. Le rythme possible de l’innovation et son efficacité ne sont, pour nous, pas un argument suffisant contre le génie génétique, mais au contraire en sa faveur, à condition qu’il soit utilisé au profit de l’environnement. »

« La réglementation actuelle des OGM ne correspond plus à l’état actuel de la science », concluent les signataires, se rangeant derrière l’avis de scientifiques, qui « ne voient aucune différence en ce qui concerne les risques qu’un organisme ait été génétiquement modifié par radioactivité, des produits chimiques ou la méthode Crispr/Cas9 empruntée de la nature. » Ils soulignent de plus le retard de l’Europe dans certains domaines de recherche, loin derrière les États-Unis et la Chine.

J. P.