Plus de 99 % des adultes et 97 % des enfants français présenteraient des taux de cuivre quantifiable dans leur organisme. C’est ce que démontre le volet de l’étude Esteban (1) mené entre 2014 et 2016 par Santé publique France et portant sur les métaux lourds.

Les travaux ont été menés sur un échantillon représentatif de la population générale composée de 1 104 enfants et 2 503 adultes âgées de 6 à 74 ans. En moyenne, les enfants présentent des taux de cuivre dans leurs urines à 22,95 μg/l (31,48 μg/g de créatinine) et les adultes de 9,08 μg/l (12,09 μg/g de créatinine)

Du cuivre dans les légumes bio

Parmi les facteurs favorisant une imprégnation plus élevée de cuivre se trouve le tabagisme chez les adultes et la consommation régulière de légumes bio chez les enfants.

En effet, l’étude montre que les concentrations urinaires en cuivre sont augmentées de 8 % chez les enfants qui consomment plus de quatre fois par semaine des légumes en provenance de l’agriculture biologique par rapport à ceux qui n’en consommant jamais ou peu fréquemment.

Les chercheurs expliquent ces résultats par l’utilisation du cuivre en agriculture biologique notamment pour prévenir ou lutter contre des maladies fongiques comme le mildiou, notamment dans les productions légumières.

Le lien consommation de légumes bio et augmentation de la concentration de cuivre n’a pas été observé chez les adultes. Pour les chercheurs, cela peut être dû à une plus grande diversification alimentaire.

Pas encore de « valeur guide sanitaire » pour le cuivre

Dans l’étude, aucun lien n’est fait entre problème de santé et augmentation de l’imprégnation de cuivre. Dans leur synthèse, les chercheurs précisent qu’il n’existe pas de valeur guide sanitaire pour le cuivre qui d’ailleurs un « oligo-élément indispensable à la vie humaine ».

Ils soulignent que ces données « permettent d’avoir une première description de la concentration en cuivre dans la population française qui sera utile pour évaluer les tendances temporelles lors de prochaines enquêtes de biosurveillance ».

Du cadmium dans les céréales

Dans ce volet de l’étude Esteban, les concentrations de 27 métaux lourds ont été étudiées. « L’exposition de la population à ces métaux concerne l’ensemble des participants adultes et enfants (plus de 97 % à 100 % de détection) », précise Santé publique France.

L’étude met en avant que les déterminants de l’exposition aux métaux lourds sont principalement alimentaires :

  • La consommation de poisson et de produits de la mer influence les concentrations en arsenic, chrome, cadmium et mercure ;
  • La consommation de céréale influence celle de cadmium.

> À lire aussi : Sur Décodagri : le cuivre a un effet néfaste sur l’environnement (02/06/2021)

Marie-Astrid Batut

(1) Esteban est une nouvelle étude nationale de santé publique. Elle vise notamment à mesurer notre exposition à certaines substances de l’environnement, à mieux connaître notre alimentation et notre activité physique et à mesurer l’importance de certaines maladies chroniques dans la population. Construite pour être répétée tous les 7 ans environ, Esteban permettra de recueillir, sur le long terme, des données précieuses pour développer une vision plus globale de la santé, qui associe environnement, alimentation, nutrition, activité physique et maladies chroniques.