« Le colza, c’était la tête d’assolement par excellence dans nos régions », explique Dominique Picoche, agriculteur à Fain-lès-Moutiers en Côte-d’Or. « C’est vrai qu’on l’a ramené trop souvent dans nos rotations. Mais la disparition de certaines molécules a rendu les insectes et les grosses altises en particulier non maîtrisable », détaille-t-il.

Après deux années catastrophiques à 11 quintaux en 2019 et moins de 1 quintal en 2020, il a décidé d’arrêter la culture du colza. « On a tout essayé : semis précoce, plante compagne, fertilisation localisée. raconte Dominique Picoche. « Au début cela semblait marcher mais les insectes, le froid et le sec ont eu raison de notre persévérance », se désole-t-il.

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Le tournesol, à condition qu’il pleuve

Alors le céréalier s’inquiète : « On ne sait pas par quoi on va le remplacer ». « La plupart de mes terres sont très superficielles et rendent impossible toute culture qui craint le manque d’eau », précise Dominique Picoche ! ;

Après avoir essayé les pois, les féveroles et les pois chiches dans ces terres à 40 millimètres de réserve utile, il se rend à l’évidence : seul le tournesol peut donner un résultat acceptable, en misant sur un hypothétique orage au moment de remplissage du grain, ce qui n’est pas toujours le cas. Selon Dominique Picoche, si la météo n’est pas favorable à la dernière des têtes d’assolement, « le retour à la friche est envisageable dans les plus mauvaises terres »

Selon Delphine de Fornel, responsable de la zone nord et est chez Terres inovia, le tournesol reste intéressant dans la plupart des terres même en année sèche. « C’est une culture à cycle court : il n’y a pas d’avance de trésorerie et peu de charges opérationnelles à part la semence » explique-t-elle. Il s’agit également d’une culture peu gourmande en eau.

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L’intensification en graminée

« Hier, derrière le colza je mettais trois céréales à paille. Maintenant, je vais en mètre quatre ou cinq après une tête d’assolement » déplore l’agriculteur qui juge cette pratique de « bêtise agronomique ».

Guy-Noël et Olivier Verdot, deux agriculteurs du même département (Savoisy, Côte d’Or) font le même constat : « Le blé est la culture la plus facile à mener sur nos terres de plateaux plutôt superficiels. Mais pour avoir du blé, il faut une tête d’assolement. » Faute d’autre culture, il envisage d’alterner du blé et de l’orge de printemps. Par son implantation tardive, cette céréale secondaire va permettent de maîtriser le salissement et ses résistances aux désherbants.

L’élevage, la luzerne ou le bio, des solutions ?

Dans les terres les plus profondes et grâce à son élevage, Guy-Noël Verdot implante du maïs et du ray-grass ou des pois de printemps. Mais dans les terres les plus superficielles, c’est aussi un casse-tête. Ils ont essayé les pois d’hiver mais cette culture a été abandonnée à cause de la bactériose.

Ils ont toutefois une innovation en tête : les éleveurs vont implanter plus de blé sur blé, sous couvert de luzerne afin d’en faire une autre tête d’assolement en interculture. « Pourquoi pas revenir encore avec un troisième blé voire plus ? » précise-t-il. Cette pratique est rendue possible par le semis direct et l’agriculture de conservation qu’ont adoptés les agriculteurs.

Parmi les voisins de Dominique Picoche, certains ont trouvé refuge dans l’agriculture biologique. Mais cette année, beaucoup n’ont pas pu récolter les pois et les lentilles à cause de l’invasion de pucerons.

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Renaud d’Hardivilliers
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