À l’approche de l’été, le niveau des nappes phréatiques n’apporte pas d’inquiétude, à l’exception de l’Alsace, des vallées de la Saône et du Rhône et de l’est du Massif Central. Le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) a diffusé son bilan au premier juin 2020 de la recharge des 200 réservoirs français exploitables.

« Avec les pluies de l’automne, la recharge des nappes a été très précoce dans l’ensemble du fait des fortes pluies de fin septembre et d’octobre. Même si elle s’est terminée assez tôt, de mi-mars à fin avril selon les nappes, la recharge totale a été très excédentaire. Au premier juin, la tendance présente une baisse normale au nord du pays. En revanche, au sud, on observe plutôt une hausse ou une stabilité des nappes sous l’effet des fortes pluies de mai », relate Violaine Bault, hydrogéologue du BRGM.

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Une situation favorable dans l’ensemble

La situation est favorable sur la plus grande partie du territoire. En revanche, quelques nappes réagissent promptement au manque de pluies et accusent encore un fort déficit pluviométrique des années précédentes : l’Alsace, les calcaires de Lorraine, l’axe Saône-Rhône et l’est du Massif Central sur les bassins de la Loire amont et de l’Allier.

La recharge se présente sous de bien meilleur augure que l’année dernière. On rejoint le niveau de 2018, sauf dans certaines zones.

La situation des nappes phréatiques au premier juin 2020 selon le BRGM. ©BRGM

Tout dépendra maintenant de la pluviométrie. Bien que frappées d’incertitude, les prévisions à long terme de Météo France s’orientent vers un été chaud et sec. Il devrait avoir peu d’impact sur les nappes à forte inertie qui sont déjà bien rechargées. La baisse de leur niveau dépendra alors de l’ampleur des prélèvements. En revanche, les nappes plus réactives pourraient voir leurs niveaux se dégrader précocement.

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Vers une « météo des nappes »

À l’occasion de cette présentation, le jeudi 11 juin 2020, le BRGM dévoile qu’il développe un outil de prévision des niveaux des nappes sur un horizon de trois à six mois. Cette « météo des nappes » est destinée dans un premier temps aux pouvoirs publics mais certains de ses composants devraient être accessibles aux agriculteurs et au grand public d’ici à l’automne.

Cette modélisation se base sur l’accumulation des données des 1600 piézomètres implantés en France, qui servent déjà à établir le niveau quotidien des nappes, des niveaux des eaux de surfaces et de la pluviométrie. Des scénarios de pluviométrie et la connaissance fine de la géologie des nappes permettraient d’anticiper le dépassement des seuils de crise des arrêtés préfectoraux de gestion de l’eau. L’objectif du BRGM est de passer d’un bulletin constaté, tel qu’il est publié actuellement, à un bulletin prévisionnel, comme le fait Météo France avec son bulletin météo.

Éric Young