« Se préparer aux conséquences du changement climatique constitue une ardente obligation et un devoir vis-à-vis des générations futures », conclut un rapport d’information parlementaire sur la ressource en eau. Publié après huit mois de travaux, auditions et déplacements, il formule une cinquantaine de propositions pour maintenir la quantité et la qualité de la ressource.

Débits d’étiage réduits de moitié

Adrien Morenas (LREM), président de la mission d’information et député, souligne que « si la France ne risque pas globalement de pénuries d’eau, certains bassins connaîtront des étés marqués par des pénuries de plus en plus aiguës ». Il prend notamment pour exemple le bassin Adour Garonne, qui selon Météo-France, sera l’espace national le plus frappé par le réchauffement climatique.

« L’étude Garonne 2050 montre qu’à l’horizon de 2050, les débits naturels d’étiage seront réduits de moitié, précise le rapport. Si les économies d’eau seront incontournables, il faudra aussi créer des réserves et améliorer les retenues existantes. »

Un rapport en faveur des retenues

Pour les auteurs du rapport, la réalisation de retenues collinaires « doit être regardée avec attention », même si elle ne saurait être la solution unique. Les auteurs pointent les difficultés de réalisation de ces ouvrages : coût des études parfois supérieur au montant des travaux et procédures administratives très longues.

« Au minimum 12 ans, voire 20-25 ans dans le pire des cas, quand les projets ne sont tout simplement pas abandonnés », note Adrien Morenas. « Il y a un gros manque de communication à ce sujet, et une peur pour la biodiversité. Il faut sensibiliser le public à la création des retenues car c’est l’une des meilleures solutions pour pallier le manque d’eau. »

Le député indique qu’il défendra ses propositions le 10 juillet devant Nicolas Hulot, et en septembre lors de la deuxième partie des Assises de l’eau. Une proposition de loi sera déposée courant octobre.

Adèle Magnard