Le consortium PlantAlliance, présenté à la presse en visioconférence le 20 mai 2021, est une nouvelle communauté de recherche et d’innovation composée de 28 acteurs du public et du privé (semenciers en grandes cultures, cultures potagères, fourragères et vigne, des instituts techniques et des pôles de compétitivité) (1) mis en place pour dix ans.

L’objectif est d’« accélérer les innovations en génétique, génomique et création variétale » afin d’ accompagner la « transition vers de nouvelles formes d’agriculture face aux défis démographiques, climatiques et environnementaux ».

Partenariat élargi

Ce consortium s’inscrit dans la continuité du réseau Genoplante, mis en place il y a plus de 20 ans (1999-2009), puis du GIS Biotechnologies vertes (2010-2020) mais dans le cadre d’un partenariat élargi. Par exemple la présence d’AgroParisTech et de l’Institut agro dans PlantAlliance vise à former de « nouveaux talents dans la recherche génétique végétale ».

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« L’ambition des partenaires est de soutenir la contribution de la génétique végétale à la conception de systèmes innovants et agroécologiques », explique Carole Caranta, directrice générale déléguée de la science et l’innovation à l’Inrae. Les projets qui seront lancés en « co-construction avec tous les acteurs » sont porteurs de trois enjeux prioritaires :

  • réduire l’usage des phytos et des autres intrants de synthèse ;
  • adapter les productions au changement climatique ;
  • mobiliser les régulations biologiques au service de la santé humaine et de la préservation de l’environnement.

Utilisation novatrice de la génétique

« L’agriculture de demain devra mobiliser des conceptions et une utilisation novatrice de la génétique et de la sélection, insiste Carole Caranta. Il faudra pour cela mieux faire appel à la la diversité génétique, disposer de génotypes plus résistants et plus robustes, pour les espèces majeures mais également pour les espèces qualifiées de mineures ou orphelines. »

« L’innovation par la sélection génétique des plantes est un levier fondamental mais il n’est pas suffisant pour relever les défis mentionnés, souligne par ailleurs Carole Caranta. Cela va se faire en relation avec d’autres domaines des productions végétales comme celui de la protection et de la nutrition des plantes, celui de l’agronomie et des systèmes de culture. »

Echelle différente

« Ce qui est important dans l’initiative PlantAlliance, c’est que nous nous intéressons à des phénomènes et à des mécanismes qui se situent à une échelle différente par rapport à ce qui était fait dans le GIS Biotechnologies vertes ou dans Génoplante, renchérit Valérie Mazza, directrice des affaires scientifiques et de l’innovation chez Limagrain. En effet, nous étudions les interactions entre l’innovation génétique et les systèmes de culture, le biocontrôle, le numérique… ».

Quant aux nouvelles techniques de sélection génomique (NBT), « elles ne seront qu’un outil parmi d’autres pour développer des variétés et des espèces qui s’inscrivent dans la durabilité de l’agriculture », insiste Carole Caranta.

Les actions de PlantAlliance (animation de la communauté scientifique publique/privée, financement en propre de certains projets de recherche, point de contact de choix au niveau international) seront réalisées grâce à la contribution de ses membres, avec un budget de 900 000 euros. D’une durée de 10 ans, il est opérationnel dès le début de l’année 2021 et est piloté pour un premier cycle de quatre ans par l’Inrae, initiateur du projet.

(1) collège public rassemblant 7 organismes publics (AgroParisTech, CNRS, CEA, Cirad, Inrae, l’Institut agro (Montpellier SupAgro et Agrocampus Ouest), IRD) ; un collège privé rassemblant 13 membres (Agri Obtentions, Cérience, Gautier Semences, Greencell (ex-Biovitis), Hemp-It ADN, KWS, Lidéa, Limagrain, Mas Seeds, Mercier, RAGT 2n, Secobra recherches, Syngenta) ; un collège privé pour les « filières » rassemblant 8 membres (Agri Sud Ouest Innovation, Arvalis, FN3PT, IFV, ITB, Sofiprotéol, Vegenov, Végépolys Valley).

Isabelle Escoffier