Le 22 février 2020, en toute fin de journée, lors de sa visite au Salon de l’agriculture, le président de la République a fait un passage éclair sur le stand de l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

En amont du salon, l’Élysée avait indiqué qu’il irait sur ce stand afin de parler « de recherche, de la sortie des pesticides, du bien-être animal et des pratiques agricoles ». La recherche devait être un des sujets centraux de sa visite au Sia.

Emmanuel Macron a brièvement échangé avec Frédérique Vial, ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation, Philippe Mauguin, président-directeur général de l’Inrae, Michel Eddi, président du Cirad et Roger Genet, directeur général de l’Anses.

Le président « tiendra compte des impasses »

Philippe Mauguin, interrogé avant la visite présidentielle sur son stand, avait indiqué qu’il profiterait de ce moment d’échange pour présenter l’Inrae, le nouvel institut de recherche issu de la fusion Inra et Irstea et qui devient « le premier organisme de recherche spécialisé au monde dans ce domaine : agriculture, alimentation et environnement ».

Il avait prévu d’évoquer avec le président le glyphosate. Le P-DG de l’Inrae estime que sur ce sujet le président est très bien informé. Philippe Mauguin précise que ce dernier voulait « s’appuyer sur les expertises de l’Inrae » et qu’il « tiendrait compte de ce qu’on a caractérisé comme des impasses notamment en agriculture de conservation de sol (ACS) ».

Il estime qu’Emmanuel Macron sait déjà que « si on veut permettre aux agriculteurs en ACS de continuer de désherber sans retourner le sol on n’a pas trouvé encore de solution efficace ».

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Améliorer les données sur la génotoxicité du glyphosate

De son côté, Roger Genet, également interrogé un peu avant son échange avec le président de la République, a précisé que l’Anses était actuellement en train de réévaluer les demandes d’autorisation de mise sur le marché, de produits contenant du glyphosate.

Son objectif est de rendre une décision avant la fin de l’année, « c’est-à-dire identifier les impasses qui nous permettront de réautoriser le glyphosate pendant deux ans puisque le glyphosate est homologué jusqu’à la fin de 2022, puis interdire les usages où l’on a des alternatives ».

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Il a aussi indiqué que l’Anses avait lancé un appel à candidature « pour sélectionner des équipes pour améliorer les données sur la génotoxicité du glyphosate ». Les équipes sélectionnées devraient être annoncées « dans le mois qui vient ». « L’objectif étant d’avoir des données supplémentaires sur la génotoxicité qui seront prises en compte dans l’évaluation de la substance active », ajoute le directeur général de l’Anses.

Après ces échanges, le président de la République a été pris en photo avec les chercheurs de l’Inrae présents au salon. © Twitter @INRAE_France

Marie-Astrid Batut