Pour donner du poids aux débats qui auront lieu dans le cadre des Assises de l’eau qui visent à réformer la politique de l’eau, l’UFC-Que Choisir a réalisé une enquête sur 76 captages prioritaires.

« On constate une baisse des pollutions de pesticides et de nitrates pour 46 d’entre eux, une stabilisation pour 19 captages et une hausse pour 11, indique Robert Mondot de l’association. Le bilan est donc positif car même une stabilisation est encourageante sur un captage où était constatée une hausse des pollutions auparavant. » Par ailleurs, les baisses de pollutions dans les eaux brutes sont conséquentes : de 25 % en moyenne en nitrates et de 70 % en pesticides.

Mesures obligatoires plus efficaces

Les facteurs de réussite sur les 65 captages dont les pollutions sont en baisse ou stabilisées ont été recensés par l’UFC-Que Choisir :

  • pilotage par les communes desservies (et non par les chambres d’agriculture),
  • mesures d’application obligatoires (trois fois plus efficaces sur les volontaires),
  • objectif ambitieux de baisse des pollutions,
  • suivi régulier des pesticides par deux analyses par an voire plus (et pas seulement une analyse par an ou moins sur certains captages),
  • pour les nitrates, des mesures paysagères et de couvertures des sols et un ajustement précis des doses d’engrais à l’hectare.

Pas assez de bio

Mais si ces outils permettent d’améliorer efficacement la qualité de l’eau, deux sont encore trop peu utilisés selon l’UFC-Que Choisir : le recours à l’agriculture biologique et au reboisement, et l’achat de parcelles.

Application du principe pollueur-payeur

Si l’association tire un bilan positif de cette enquête, elle propose, dans le cadre des Assises de l’eau, qu’un tel état des lieux soit réalisé sur l’ensemble des captages de France, au nombre de 35 000. Car pour l’association, si ce bilan est positif sur les captages prioritaires, il le sera beaucoup moins sur l’ensemble des captages.

Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir, demande donc « une extension à l’ensemble des captages des mesures de lutte contre les pollutions diffuses ». Elle demande en outre un « renforcement réglementaire des mesures de protection des captages » en développant les « modes de production peu polluants tels que l’agriculture biologique » sur les aires de captage et le pilotage des plans d’action par les collectivités locales desservies.

Enfin, l’association réclame la « mise en œuvre stricte du principe pollueur-payeur » en augmentant les redevances versées aux agences de l’eau et demandées aux agriculteurs, « pour que les consommateurs ne soient plus les payeurs des pollutions qu’ils subissent ».

Florence Mélix