« Il est impératif de développer la production de protéines végétales au sein de l’Union européenne », soutiennent la Coordination rurale (CR) et France Grandes Cultures (FGC), sa branche spécialisée, dans un communiqué daté du 13 mai 2019. Elles annoncent avoir remis au ministère de l’Agriculture leur contribution à la stratégie nationale sur les protéines végétales.

Intérêt économique

Selon ces syndicats agricoles, « un véritable plan protéines doit avoir comme objectif d’accroître les surfaces en oléoprotéagineux de 4 Mha pour que ces productions représentent au moins 25 % des grandes cultures de l’UE. Les surfaces en légumineuses fourragères doivent également croître de plusieurs millions d’hectares. »

Objectif : « ne plus avoir d’excédents de blé à exporter en dégagement vers les pays tiers. Les prix du marché intérieur des céréales remonteraient au-dessus des prix internationaux et les productions de blé, d’orge et de maïs redeviendraient plus rémunératrices. Il faudrait bien évidemment que la rémunération des cultures oléagineuses suive celle des céréales pour que l’intérêt économique de ces productions soit conservé sinon leur développement s’arrêterait net. »

Pour ce faire, la CR et FGC jugent qu’il « est indispensable de renégocier les accords commerciaux qui nous interdisent ce redressement. » Car pour elles, « les accords commerciaux actuels forment un verrou imparable qui empêche tout développement sérieux et tout objectif d’amélioration de notre sécurité alimentaire. »

Rééquilibrage

Et de poursuivre : « Toutes les productions étant liées entre elles, un rééquilibrage des grandes cultures et des surfaces fourragères en faveur des cultures protéiques redressera toute l’agriculture de l’UE. » Des « freins » doivent aussi être levés car « de nombreux opérateurs se complaisent dans la situation actuelle ; cela va des géants du grain qui font un lobbying redoutable à… nos coopératives agricoles qui ne pensent plus à leurs adhérents ! »

Ainsi pour Nicolas Jacquet, président de FGC, il faut « inciter les éleveurs à se fournir en direct auprès des céréaliers et réduire le recours aux fabricants d’aliments du bétail qui importent des produits douteux. »

I.E.