« Avec cette pétition, nous voulons montrer aux pouvoirs publics notre refus de nous laisser dépouiller des outils nous permettant de protéger le fruit de notre travail », explique Damien Brunelle, président du syndicat France Grandes Cultures (FGC). Ce syndicat spécialisé de la Coordination rurale, a publié, le 7 mai 2020, « Stop à la suppression des produits phytos », une pétition adressée au ministère de l’agriculture.

« La suppression de nombreux produits phytopharmaceutiques place l’ensemble des productions végétales dans une situation très grave et sans précédent, argumente-t-il. La forte infestation d’insectes que nous subissons en ce moment sur les grandes cultures en est l’une des manifestations. »

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Protéger la souveraineté alimentaire

« Depuis 10 ans, les agriculteurs se sont vus privés de plus de 40 % des produits existants (1 806 autorisations de mise sur le marché en 2019 contre 3036 en 2008) et l’État, sous la pression des lobbys écologistes, souhaite en finir avec la chimie de synthèse, alors même que les solutions alternatives efficaces n’existent pas encore », poursuit le syndicat.

Il craint la disparition à court terme de productions et filières végétales. « La France, métropole et outre-mer, va perdre sa diversité cultivée et ce qu’il reste de sa souveraineté alimentaire. Ce seront alors les importations provenant de pays où ces produits sont encore autorisés qui nourriront les Français ! »

Combler les impasses techniques

FCG encourage notamment les signataires à réclamer que les pouvoirs publics « prennent de toute urgence des dispositions pour combler l’ensemble des impasses techniques sur la prochaine campagne 2020-2021 ».

Il souhaite aussi « que plus aucun produit ne soit supprimé dès lors qu’il n’existe aucune alternative efficace et économiquement abordable » ainsi que « l’interdiction des importations de produits agricoles pour lesquels des produits phytopharmaceutiques non autorisés en France ont été utilisés. »

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J. Papin