La députée Delphine Batho, qui avait déposé le 22 mars un amendement (rejeté depuis) portant sur l’interdiction du glyphosate d’ici à 3 ans, a accusé l’UIPP (Union des industries de protection des plantes) d’avoir eu accès à cet amendement « plus de 90 heures avant qu’il ne soit publié ».

« Il est inacceptable que des lobbys aient un accès privilégié à des informations internes à l’Assemblée nationale afin de déployer des stratégies pour court-circuiter nos débats », a-t-elle dénoncé le 22 mai devant l’Assemblée. Delphine Batho indique avoir saisi le président de l’Assemblée mais déplore n’avoir reçu, plus d’un mois et demi plus tard, aucune réponse précise autre qu’« un travail est en cours ».

Dans un communiqué publié mercredi, l’UIPP lui répond en précisant avoir été informée du contenu de cet amendement « dès lors qu’il a été rendu public ». « Il est normal que nous soyons informés des évolutions législatives et réglementaires qui encadrent notre secteur et que nos entreprises dialoguent avec les députés de leur territoire pour donner à connaître la réalité des métiers et du terrain », signale aussi l’association. L’UIPP rejette également toute accusation quant à sa responsabilité dans l’échec de cet amendement.

Nouvel amendement

Alors que l’absence de proposition de loi sur l’interdiction du glyphosate a mis en émoi la société civile, un nouvel amendement a été proposé le 17 mai par une quarantaine de députés de la majorité. Cette proposition, portée par Matthieu Orphelin (député LREM de la première circonscription du Maine-et-Loire), laisse la porte ouverte à des dérogations « jusqu’au 1er mai 2023 », afin de mettre en place une période de transition pour trouver des alternatives.

Déclaration du ministre

Mercredi, le site du ministère de l’Agriculture a mis en ligne une déclaration de Stéphane Travert. « L’interdiction du glyphosate n’a jamais figuré dans le projet de loi. Il existe un amendement, déposé par un député, qui n’a pas été adopté en Commission, déclare le ministre. La ligne du président de la République est claire et tient en deux phrases : mobilisation pour se passer du glyphosate d’ici 3 ans mais pas d’interdiction sans solution pour les agriculteurs. Le président de la République a également ajouté que la France ne ferait pas de surtransposition des décisions européennes ».

A.M.