Les prix à la production de l’ensemble des produits agricoles se replient de 0,8 % en données brutes, par rapport au mois de juillet 2019, constate Agreste, dans sa note d’Infos rapides publiée le 28 août 2020. Un bilan qui conforte l’inflexion à la baisse de 0,6 % amorcée en juin dernier. Ils restent toutefois supérieurs aux niveaux moyens de la période allant de 2015 à 2019.

En juillet 2020, ils diminuent également comparés au mois précédent : –0,9 % en données corrigées des variations saisonnières. À l’exception de mars et d’avril, les prix sont en recul depuis le début de l’année.

Les prix à la production de l’ensemble des produits agricoles reculent depuis le début de l’année 2020. © Insee

Les prix des grandes cultures tirés vers le haut

Dans un contexte de prévisions de production française de blé en net repli, les prix des céréales sont supérieurs à ceux de 2019 et à la moyenne des cours sur la période allant de 2015 à 2019. Et ce, malgré une moindre compétitivité des origines européennes à l’exportation due à la remontée de l’euro face au dollar.

Face à une offre limitée, et bien que chahutés par l’effritement des prix mondiaux du soja, les prix des oléagineux se maintiennent au-dessus des niveaux de 2019 et des cours moyens.

Les cours de la pomme de terre continuent de pâtir des disponibilités invendues pendant le confinement.

La faible production d’abricots fait augmenter les prix des fruits

En juillet 2020, la hausse des prix des fruits demeure élevée sur un an et par rapport aux cours moyens de 2015 à 2019, sous l’effet essentiellement de l’augmentation des cours des abricots dont la production serait la plus faible de ces 12 dernières années.

Les prix des vins, légumes et productions animales se contractent

Les prix des vins d’appellation tirent l’ensemble des prix des vins à la baisse sur un an et par rapport aux prix moyens allant de 2015 à 2019. En cause, l’insuffisance des débouchés, les taxes américaines, le Brexit et la concurrence australienne.

En ce qui concerne les légumes, après les fortes hausses en avril et mai, les cours s’établissent en juin et juillet en dessous des prix de 2019 sur un an, tout en se maintenant supérieurs de 5 à 10 % aux prix moyens allant de 2015 à 2019. En juillet, les cours du melon dépassent nettement les niveaux moyens, à la suite de mauvaises conditions météorologiques ayant pesé sur les récoltes, contrairement aux prix des tomates, salades et concombres.

En juillet 2020, les prix des productions animales fléchissent sur un mois sous l’effet de la moins bonne tenue de la plupart des filières. Ne profitant toujours pas de la sortie de confinement, le marché des porcins affiche les prix les plus bas depuis le début de l’année et un net repli sur un an.

Les prix des bovins sont poussés par l’Aïd el-Kébir

À l’inverse, après les baisses enregistrées depuis le début de 2020 et accentuées par le confinement en mars et avril, les prix des bovins se stabilisent sur un an. Soutenue par de faibles importations et des achats dynamisés à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Kébir, la hausse des cours des ovins, déjà marquée en juin, se renforce en juillet.

Les prix des œufs deviennent inférieurs à ceux de juillet 2019, retrouvant des niveaux plus habituels, après les hausses importantes pendant le confinement.

Les prix à la consommation s’accroissent

Le rythme de progression des prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées décélère : +1,1 % sur un an, après +2,8 % en juin. Ils deviennent même inférieurs à ceux affichés au début de l’année. Les prix des viandes et des fruits sont les principaux contributeurs à l’augmentation globale.

En juillet 2020, hausse sur un an des cours à la production des produits agricoles et des prix à la consommation des produits alimentaires. © Insee
O.D.