« Nous devons mettre fin à l’image délétère de la culture du maïs et pour cela, construire un chemin vers ceux qui contestent notre production, a martelé Daniel Peyraube, président de l’AGPM. Nous devons dialoguer avec les ONG et co-construire un projet pour accompagner la mutation que connaît la société. Soit on subit, soit on prend la main. »

10 000 exploitations HVE3 d’ici à 2025

Daniel Peyraube a ainsi présenté la nouvelle stratégie de l’AGPM. Un plan en trois axes et vingt et une propositions, qui repose en grande partie sur les certifications environnementales, bonnes pour l’image du maïs, mais aussi pour ramener de la valeur sur les fermes, au cas où elles donneraient lieu à un paiement pour services environnementaux, dans le cadre de la future Pac (politique agricole commune).

« Nous souhaitons que 10 000 exploitations obtiennent une certification HVE3 (haute valeur environnementale de niveau 3) d’ici à 2025, précise le président. Nous serons alors capables de générer un million de tonnes de crédits carbone. »

Présent à l’assemblée générale, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a indiqué qu’il se battait pour que la certification HVE3 soit prise en compte, dans la future Pac, au moins sur le plan national, la Commission européenne étant un peu frileuse sur le sujet.

Privilégier les filières locales

Le deuxième axe retenu par l’AGPM est celui de la compétitivité et de la création de valeur dans les territoires. Il vise à privilégier le travail en filière avec les entreprises de transformation locales, pour la fabrication de farine de maïs, de corn-flakes, de produits sans gluten, en forte progression actuellement, de pop-corn ou de bioéthanol.

« Aujourd’hui, la valeur ajoutée est locale, affirme Franck Laborde, secrétaire général de l’AGPM. À l’avenir, nous ne devons plus viser uniquement les marchés mondiaux. »

Des services environnementaux rémunérateurs

L’AGPM, enfin, veut présenter les nouveaux services que le maïs peut rendre à la société, comme la captation de carbone dans l’atmosphère, d’autant plus importante lorsqu’elle est couplée à l’implantation de couverts végétaux.

Dans le Gers, la société Nataïs, qui produit du pop-corn, rémunère déjà ses producteurs à hauteur de 60 à 80 € par tonne de carbone captée. Un résultat qui se mesure par la quantité de biomasse produite par les couverts.

Cinquante retenues d’eau autorisées d’ici à 2021

« Vous allez au-devant des préoccupations de la société, c’est remarquable », souligne le ministre, en précisant que le maïs, comme l’élevage, n’est pas un problème pour le réchauffement climatique. « Dans un nouveau texte, rédigé avec l’agence de l’eau et sorti le 12 novembre, nous avons par ailleurs prévu la création de 50 retenues d’eau entre janvier 2020 et juin 2021, ajoute-t-il. Les préfets ont eu la consigne d’autoriser les projets. »

> Voir aussi : Irrigation — Une soixantaine de retenues d’eau autorisées d’ici à 2022 (29/08/2019)

Voir aussi : Sivens — Consensus pour une retenue d’eau (18/09/2019)

Pour répondre aux inquiétudes de la filière quant aux assurances récolte, Didier Guillaume a aussi annoncé qu’il allait porter en débat public, au début de l’année, une proposition pour aller vers un système assurantiel européen.

Un plan stratégique national

Enfin, le ministre souhaite regrouper rapidement les structures professionnelles agricoles pour définir cinq à dix orientations fortes regroupées dans un plan stratégique national pour la future Pac, afin que la France parle désormais d’une seule voix, notamment à ses partenaires européens.

Voir aussi : Réforme de la Pac — Début des travaux au niveau national, vers un plan stratégique national pour la future Pac (10/10/2019)

Florence Jacquemoud