La récolte française de pommes s’établit cette année à 1,36 million de tonnes, selon l’ANPP (Association nationale pommes poires), soit 290 00 tonnes de moins qu’en 2019. C’est la deuxième plus faible de la décennie.

« Cette baisse dépasse même 30 % pour la variété Golden, la plus importante pour la fabrication de compote. Le déficit de production se retrouve aussi en Europe avec une récolte inférieure à la moyenne des dix dernières années et la plus faible récolte de goldens de la décennie », rapporte l’Afidem (Association française interprofessionnelle des fruits et légumes à destinations multiples) dans un communiqué le 2 décembre 2020.

Des écarts de tri réduits

« La qualité est cependant excellente. Les écarts de tri, destinés à la fabrication de compote, sont plus réduits (–20 %) et donc plus chers. À cause de cette rareté de l’offre, le prix de la pomme à compote a augmenté de 50 % (pommes bicolores) à 60 % (goldens) », indique Josselin Saint-Raymond, le directeur de l’ANPP, interrogé par La France Agricole.

« Le besoin des industriels n’est jamais totalement couvert par la production française, précise-t-il. La part d’importation risque d’être plus importante que d’habitude cette année. Cela dépendra de l’attitude des distributeurs français : s’ils refusent toute hausse du prix de la compote, les industriels n’auront pas d’autre choix que de chercher une part d’importation croissante, à un prix plus faible que notre offre. »

Les producteurs de pommes membres de l’Afidem appellent les distributeurs à « étendre les partenariats développés pour les pommes de table aux produits transformés à base des pommes, et à la compote en particulier », alors que les négociations commerciales entre fabricants de compotes et les distributeurs s’ouvrent, « dans un contexte inédit de crise sanitaire et de volonté affirmée de restaurer l’autonomie alimentaire de la France », poursuit l’interprofession.

« L’approvisionnement 100 % français est possible »

« Si les négociations commerciales se passent bien et que les distributeurs acceptent d’ajouter quelques centimes au prix de la compote, on pourra avoir des achats français, malgré le coût élevé lié à l’offre plus rare, détaille Josselin Saint-Raymond. Il sera toujours possible pour les industriels de se fournir en 100 % français, à condition d’y mettre le prix. »

Pour l’Afidem, la non-considération de cette situation exceptionnelle, qui entraîne une forte hausse des coûts d’achat pour les industriels, serait « incompréhensible et mettrait en péril les producteurs français et les partenariats développés avec les transformateurs pour un approvisionnement en pommes françaises ».

« Au-delà des discours de soutien à la production, nous attendons des actes forts et un engagement réel de la part des distributeurs aux côtés des producteurs français et de leurs partenaires transformateurs, ajoute l’interprofession. Les producteurs de pommes sauront saluer cet engagement. »

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Justine Papin