« En France, une pomme de terre sur deux est exportée », a rappelé le CNIPT ce jeudi 30 janvier 2020 lors de son assemblée générale. Cela représente en moyenne de 2,7 Mt (millions de tonnes) par an depuis cinq ans et un chiffre d’affaires moyen de 543 M€ (millions d’euros). La France est donc le premier exportateur mondial de ce secteur devant l’Allemagne (1,7 Mt), les Pays-Bas (1 Mt) et la Belgique (900 000 t).

« La moitié de ces exportations est destinée au frais l’autre à l’industrie, a complété le CNIPT. 40 % de ces exportations se déroulent entre mars et juillet, période de longue conservation là encore à part quasi égale entre le frais et l’industrie. »

Opportunités vers les pays tiers

Face à des changements, tels que des bouleversements réglementaires, des attentes sociétales différentes, une concurrence internationale forte et certains marchés mâtures, les exposés ont montré qu’il existait des opportunités d’exporter dans des pays tiers comme la Côte-d’Ivoire sur le continent africain où les pommes de terre françaises sont appréciées mais trop chères.

Autre exemple présenté, celui du Vietnam en Asie, également motivé pour acheter de la marchandise française (plants, frais pour la distribution et/ou l’industrie) via des conteneurs.

Par ailleurs, des focus ont été réalisés sur la Pologne et l’Égypte, deux pays qui pourraient à terme nous concurrencer.

Le président du CNIPT, Alain Marguin, a ajouté sur la question de l’exportation : « Nous devons entrer dans des collaborations plus étroites avec l’Espagne, notre principal client, si nous voulons développer nos volumes. »

Impact de l’arrêt du CIPC

L’assemblée a également été l’occasion d’évoquer l’arrêt du CIPC, le chlorprophame, et de son impact sur l’exportation. « Il n’y aura pas de soucis pour 50 % des exportations qui sont destinées à la transformation industrielle, a précisé Michel Martin, d’Arvalis. Par ailleurs, des solutions techniques sont disponibles et seront à adapter selon les débouchés et les destinations. »

Au sujet des nouvelles pratiques ou techniques, le spécialiste a tout de même annoncé : « Des vérifications ou démarches réglementaires devront être effectuées pour les valider et garantir la sécurité alimentaire des produits au sens du Codex Alimentarius. »

Alain Marguin a finalement conclu que « la filière devait concevoir une vraie stratégie en emblavant ce qui est nécessaire pour servir ses clients français et à l’exportation. Nous devons arrêter, à l’exportation comme sur le marché français, de nous comporter comme des opportunistes ».

C.F.