L’ozone (O3) est un oxydant puissant qui peut endommager les cellules et entraîner une diminution de la production de biomasse. Bien que peu connue du monde agricole, l’impact de l’ozone sur les productions végétales est chiffré depuis plusieurs années. L’Ademe (1) et l’Ineris (2) affinent, dans une étude mise en ligne au début de juillet 2020, les estimations déjà réalisées. Ils utilisent un indicateur (le PODy) plus précis, qui tient compte de l’état de stress hydrique des plantes.

25 % de pertes de rendement en 1990

Les instituts se sont particulièrement intéressés à l’impact de l’O3 sur le blé, les pommes de terre, les tomates de plein champ, les prairies permanentes, ainsi que des essences de bois. Ainsi, en 2010, l’ozone a provoqué 962 millions d’euros (M€) de pertes en blé tendre, avec en moyenne une diminution de rendement de 15 %. En pommes de terre, les pertes s’élèvent à 212 M€ (–11 % de rendement) ; en tomates à 9 M€ (–2 %) et à 1 041 M€ pour les prairies (–11 %).

Ils soulignent que « la tendance est à la baisse pour les prochaines années, mais les pertes restent importantes ». À titre d’exemple, ils estiment qu’en 1990, les pertes de rendement imputées à la pollution par l’ozone étaient de 25 % en blé tendre. En 2030, elles seraient réduites à 12 % (727 M€ de pertes) pour la céréale. Ce taux serait de 10 % pour les pommes de terre (177 M€), 1 % en tomates (3 M€) et 9 % en prairies (880 M€).

> À lire également : Qualité de l’air : L’ozone, un polluant qui impacte les rendements (27/02/2020)

Leviers d’atténuation

L’Ademe et l’Ineris indiquent que des pratiques agricoles susceptibles de limiter l’impact économique de l’ozone sur les cultures sont identifiées. Mais ces stratégies ne sont « pas jugées pertinentes sur le terrain ». Ainsi, l’application des régulateurs de croissance et de fongicides est « contraire à la politique Écophyto », l’irrigation est « non pertinente dans la plupart des régions pour le blé », le remplacement par d’autres cultures (orge au lieu du blé tendre par exemple) est « limité par la demande sur les marchés ».

Ils considèrent ainsi que « les stratégies de mitigation des émissions de polluants précurseurs de l’ozone sont certainement plus appropriées que les stratégies d’adaptation du secteur agricole ». Ces précurseurs sont, selon l’Ineris, les oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatils (COVs) dont le méthane (CH4), et le monoxyde de carbone (CO).

H. Parisot

(1) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

(2) Institut national de l’environnement industriel et des risques.

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