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Le biocontrôle, priorité absolue pour le gouvernement

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Phytosanitaires - Le biocontrôle, priorité absolue pour le gouvernement
Le ministre de l’agriculture Didier Guillaume est intervenu en introduction des sixièmes rencontres annuelles du biocontrôle, le 21 janvier à Paris. © C. Fricotté/GFA

Lors des sixièmes rencontres annuelles du biocontrôle, le ministre de l’Agriculture a notamment indiqué qu’il souhaitait que des leviers d’accompagnement financier soient mobilisés pour ce secteur.

« Les produits de biocontrôle sont vraiment un levier fondamental pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, a indiqué le 21 janvier 2020 le ministre de l’Agriculture en introduction des sixièmes rencontres annuelles du biocontrôle. Au moment où les chiffres du Nodu (1) n’ont jamais été aussi importants, ceux sur le déploiement du biocontrôle n’ont également jamais été aussi importants. »

Voir aussi : Polémique : Décryptage des chiffres de vente des phytos (09/01/2020)

Il a ainsi rappelé que « les filières s’approprient ces produits en bio comme en conventionnel » puisque ce secteur représente déjà 8 % du marché. Ce qui « montre bien combien l’agriculture française est en mouvement » avec pour base « la transition agroécologique ». D’ailleurs, Antoine Meyer, le président de l’IBMA (International Biocontrol Manufacturers Association) France, qui organisait cette journée, a de plus indiqué que la volonté était d’atteindre 30 % en 2030.

Voir aussi : Étude : À quoi ressemblera le marché des phytos en 2025 ? (16/01/2020)

Secteur prioritaire dans le cadre du pacte productif

Didier Guillaume a appuyé : « La recherche est indispensable. Je souhaite qu’une discussion approfondie s’engage sur ce sujet avec les deux autres ministères concernés (de la Recherche et de l’Économie) afin de s’assurer que tous les leviers d’accompagnement financier seront mobilisés pour votre secteur. Et évidemment le crédit d’impôt en faveur de la recherche (CIR) sera maintenu dans votre secteur. »

> Voir aussi : Alternatives : La recherche sur le biocontrôle doit s’accélérer (23/12/2019)

Virginie Alavoine, chef de service des actions sanitaires en production primaire à la DGAL, a de plus indiqué que le secteur du biocontrôle avait été identifié comme prioritaire dans le cadre du pacte productif. « Le ministère de l’Économie est en train de prioriser les différents secteurs », a-t-elle précisé.

Taux dérogatoire

« Je souhaite, dans le cadre de la mise en place du fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires, que les produits de biocontrôle à faible risque continuent de faire l’objet d’un taux dérogatoire concernant la taxe assise sur les ventes », a également informé le ministre de l’Agriculture.

La séparation entre la vente et le conseil fait débat

Mais si le gouvernement soutient le biocontrôle, le public s’est étonné que ce dernier soit concerné par la séparation de la vente et du conseil. « Si l’ambition est d’augmenter la vente de produits de biocontrôle, alors c’est une hérésie, a appuyé Baptiste Breton, codirecteur et directeur technique de la coopérative de La Tricherie (Vienne). Ça sera un coup d’arrêt à la dynamique du développement des produits de biocontrôle. »

Quoi qu’il en soit, le ministère a rappelé que la consultation publique sur la stratégie nationale de biocontrôle va être lancée dans les jours ou les semaines qui viennent dans le but de renforcer le déploiement de ces produits. « Sachez que l’État est à vos côtés », a finalement conclu Didier Guillaume

Céline Fricotté

(1) Le Nodu (nombre de doses unités) est un indicateur de suivi du recours aux produits phytopharmaceutiques, défini dans le cadre d’Ecophyto pour déterminer et suivre le nombre moyen de traitements par hectare.

Montée en puissance du développement du biocontrôle

Une enquête auprès des membres de l’IBMA a été menée à la fin de l’année 2019 avec un taux de réponses de 60 %. En 2020, 38 solutions de biocontrôle seront en développement (dont 19 ayant déjà obtenu des AMM) ; pour 2021-2022, ce serait une vingtaine et au-delà il y aurait 68 solutions attendues. De plus, d’ici à 10 ans, 65 nouvelles substances actives devraient émerger.

L’IBMA informe que pour 47 % il s’agit de substances naturelles, pour 36 % de micro-organismes, pour 13 % de médiateurs chimiques et pour 4 % de macro-organismes. Des proportions qui ne présentent pas un gros changement par rapport à la gamme actuelle du biocontrôle.

Les filières encore très concernées seront l’arboriculture, la viticulture et le maraîchage. Mais ce qui est intéressant, ce sont les résultats de l’enquête au sujet du secteur des grandes cultures. Actuellement peu pourvus en solutions de biocontrôle, 37 produits devraient être développés dans les prochaines années. Pour le secteur des Jevi (jardins, espaces verts et infrastructures), les amateurs et professionnels des solutions devraient également être développées, ce qui, là aussi, est une bonne nouvelle.

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