C’est une première en arboriculture et le Limousin ne cache pas sa fierté d’en être l’éclaireur. Les producteurs représentés par les présidents du Syndicat de défense de la pomme du Limousin (SDPL), de Cooplim, de Limdor, de la Sica du Roseix, de Meylim et de la coopérative fruitière de Pompadour, les représentants des associations Allassac ONGF (1), d’Alerte des médecins sur les pesticides (AMLP) et Phyto-Victimes et les deux présidents des associations des maires de Corrèze et de Haute-Vienne ont cosigné une charte pour une arboriculture « pomme du Limousin » mieux intégrée à son environnement, le 20 mars 2017 à Lubersac (Corrèze). Elle est le fruit d’un travail conduit depuis deux ans sous l’égide du préfet de la Corrèze et sous le patronage des trois conseils départementaux de la Corrèze, de la Dordogne et de la Haute-Vienne.

Sortir des polémiques

« Sortir des polémiques pour se concerter en bonne intelligence, en essayant de se mettre à la place de l’autre, est un vrai challenge. Cet exemple fera des émules dans d’autres régions françaises », soutient Daniel Sauvaître, président de l’Association nationale pommes et poires, présent à la signature. La charte vise à apaiser les relations entre les professionnels ainsi que les autres acteurs du territoire, en particulier les riverains des vergers.

Pour les pomiculteurs déjà engagés dans une agriculture raisonnée, les engagements portent sur une adaptation de leurs méthodes de travail quant aux périodes d’intervention (force du vent, pas de traitements les dimanches et jours fériés), aux traitements (une seule face des rangs traitée du côté des habitations) et à l’aménagement du verger avec la plantation systématique d’une haie à double rang dans le cas d’une habitation située à moins de 50 m des arbres, ainsi que la pose éventuelle d’un filet antidérive (sur demande du riverain).

Les associations s’engagent, quant à elles, à construire un dialogue constructif et courtois avec les producteurs et à condamner les incivilités et le vandalisme. Pour les élus, il s’agira d’être vigilant en matière d’urbanisme en évitant toute aggravation du mitage de l’espace rural. Le ministère de l’Environnement a cautionné la concrétisation de ce dialogue concerté par un courrier du 16 mars.

Monique Roque-Marmeys

(1) Œuvrons pour la nature et les générations futures.