Une proposition de loi, déposée par le groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, prévoit que l’origine géographique des produits, « qu’il s’agisse d’aliments à l’état naturel ou des ingrédients qui entrent dans la composition du produit transformé », soit clairement indiquée sur l’emballage.

Elle souhaite également l’introduction d’un dispositif d’affichage qui indique la présence de glyphosate dans les aliments de base ayant servi à la fabrication de produit transformé, sous la forme d’un « pictogramme clair et visible inscrit sur l’emballage ».

L’argument de santé publique contesté

Le groupe souligne, dans les motifs de la proposition, que des traités tels que le Ceta entre le Canada et l’Union européenne autorise l’importation de produits « qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences que ceux produits en France », en prenant l’exemple de la dessication du blé par le glyphosate avant moisson pratiquée outre Atlantique.

Outre la distorsion de concurrence, la qualité des aliments et la santé publique sont aussi en jeu, affirme le préambule. « Le glyphosate n’est pas un produit anodin. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’a qualifié de « cancérogène probable » en mars 2015, et les études montrent ses effets de perturbateurs endocriniens », insiste le Groupe, qui invite à appliquer le principe de précaution, en interdisant tous les produits alimentaires, notamment à base de céréales, contenant des résidus de glyphosate.

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Un argument jugé « ridicule » et « absurde » par Gil Rivière-Wekstein, auteur du livre « Glyphosate l’impossible débat : Intox, mensonges et billets verts ». « En toute logique, ces députés devraient donc déposer une proposition de loi pour étiqueter la viande rouge, classée « cancérigène probable » par le Circ au même titre que le glyphosate », a-t-il réagi sur Twitter.

La Coordination rurale favorable à la proposition de loi

Dans un communiqué du 19 mai, la Coordination rurale s’est dite favorable à la proposition, rappelant que les cultures françaises sont indemnes de résidus.

« Les exploitants du continent américain épandent du glyphosate directement sur des cultures résistantes à l’herbicide (OGM) ou quelques jours avant la moisson de cultures traditionnelles pour faire mûrir les plantes artificiellement (dessication), affirme le syndicat. En France, le glyphosate est utilisé entre deux cultures ou avant un semis pour détruire des mauvaises herbes et limiter les applications d’autres herbicides. Il n’est donc pas utilisé “en végétation” directement sur les cultures car il les tuerait. »

Justine Papin
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Le blé se détend un peu

Les prix du blé se rétractaient, le jeudi 16 septembre 2021 dans l’après-midi sur le marché européen, se maintenant à un niveau élevé, sur fond de production française légèrement en deçà des attentes.