L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) vient de réexaminer l’ensemble des autorisations de mise sur le marché des produits contenant du métam-sodium en France à la suite de l’approbation de cette substance active au niveau européen.

« Après réévaluation, l’Anses conclut que l’ensemble de ces usages représente un risque pour la santé humaine et l’environnement », indique l’Agence dans un communiqué de presse du 5 novembre 2018.

Elle vient donc de notifier aux industriels son intention de retirer les autorisations de mise sur le marché de tous les produits à base de métam-sodium. « L’interdiction prendra effet d’ici à la fin du mois de novembre », précise encore l’Anses.

Près de 700 t par an

Le métam-sodium est une substance active présente dans des produits phytopharmaceutiques utilisés pour lutter contre les bioagresseurs, tels que les champignons du sol ou les nématodes (des vers du sol dont certains s’attaquent aux cultures). Ces produits servent à désinfecter les sols avant l’installation d’une culture. Ils sont notamment employés sur des cultures maraîchères, telles que la mâche et la tomate, ou encore en horticulture.

« Bien qu’ils soient appliqués sur des petites surfaces en plein champ ou sous serres, ces produits nécessitent d’être utilisés en grandes quantités pour agir avec efficacité, précise encore l’agence. Ainsi, la dose d’emploi est comprise entre 300 et 1 200 litres par hectare, ce qui représente près de 700 tonnes utilisées chaque année en France. »

« Il ne sera plus possible ni de vendre, ni d’utiliser ces produits. Nous n’accordons aucun délai de grâce », a déclaré à l’AFP Mme Weber, directrice générale adjointe en charge des produits réglementés.

Déclaration obligatoire

Par ailleurs, les événements récents d’intoxications de riverains et de professionnels ont montré l’importance de déclarer à l’Anses tout événement indésirable en lien avec les utilisations des produits phytopharmaceutiques.

L’Anses rappelle aux professionnels que la déclaration d’effets indésirables constitue une obligation réglementaire, en vertu de l’article L. 253-8-1 du code rural et de la pêche maritime.

Ces signalements de phytopharmacovigilance permettent à l’Agence d’agir rapidement afin de prévenir et contrôler les risques.