La semaine dernière, faisant suite à l’affaire très médiatisée des müeslis contenant des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, et à une question d’un sénateur sur l’effet des « cocktails » de pesticides dans l’alimentation, Marisol Touraine, ministre de la Santé, annonçait qu’elle souhaitait que l’Anses (1) planche sur la définition de critères pour l’établissement d’une « limite maximale globale » de résidus de pesticides (LMG) dans les produits alimentaires.

La LMG est « absurde », y compris pour les produits bio

Pour le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France (SFEL), « additionner les LMR [limite maximale de résidus pour un couple pesticide/aliment, NDLR] les unes aux autres » pour parvenir à une LMG est « absurde ». Le collectif, qui rappelle que la réglementation en vigueur en Europe est « une des plus protectrices au monde », précise que l’absurdité du projet de LMG vaut aussi pour les aliments bio. En effet, selon les résultats de dosage de résidus de pesticides (de synthèse et bio) qu’il a réalisés en 2015, tomates et salades vertes issues de l’agriculture biologique contenaient plus de résidus de cuivre que celles issues de l’agriculture conventionnelle.

Pour de la science sans connivence

Pour le collectif SFEL, « les interventions médiatiques de ces derniers jours montrent très clairement une concertation entre les milieux écologistes, certains parlementaires et certains membres du gouvernement ». Il suggère au gouvernement de se reposer avant tout sur « l’avis des experts scientifiques » pour trancher sur les questions de risques sanitaires pour les consommateurs.

A. Cas.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.