Les résultats de la dernière enquête sur les pratiques culturales des agriculteurs en grandes cultures viennent d’être publiés sur Agreste par le ministère de l’Agriculture. Il s’agit de données datant de 2017 (précédentes enquêtes réalisées en 1986, 1994, 2001, 2006 et 2011).

Cette étude doit permettre de « répondre à la demande de suivi du plan d’action Ecophyto , qui vise à réduire progressivement l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, et au règlement (CE) no 1185/2009 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009 relatif aux statistiques sur les pesticides.» Elle a donc été conduite dans le cadre du plan Ecophyto avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité (OFB).

Un IFT élevé en pommes de terre

Les cultures qui ont le moins nécessité de traitements phytosanitaires en 2017 sont ainsi le soja, le triticale, le maïs (grain et fourrage) et le tournesol.

La betterave sucrière et la pomme de terre sont les deux espèces qui en ont nécessité le plus avec respectivement 15,9 et 18,8 traitements. En revanche, l’IFT (Indicateur de fréquence de traitement) de la betterave reste à 5,5 alors que celui de la pomme de terre atteint 16,5, soit le plus élevé de ces 21 grandes cultures.

Pression élevée des ravageurs et des adventices

Parmi les ravageurs le plus cités, on retrouve les pucerons sur la quasi-totalité des espèces enquêtées , avec une pression assez élevée sur pois, pomme de terre, féverole, colza. Les agriculteurs ont par ailleurs connus en 2017 de fortes attaques d’altises (62 % des superficies de colza concernées par ce ravageur), de charançons (55 %) et méligèthes (45 %). La bruche a aussi été problématique pour 53 % des surfaces de féverole. Il existe de plus une pression plutôt élevée des maladies sur céréales

Quant aux adventices, leur pression a été jugée forte pour 27 % des superficie des betteraves sucrières en 2017. Elle est aussi estimée forte pour 19 % des surfaces de lin oléagineux, pour 15 % du blé tendre, pour 14 % du lin fibre, du blé dur et de l’orge.

Comment les agriculteurs raisonnent et réduisent les traitements ?

Pour raisonner leurs traitements et déclencher les interventions, les exploitants se sont en priorité appuyés en 2017 sur l’historique de leur parcelle, les conseils de leur fournisseurs, les prévisions météorologiques mais aussi sur l’observation de leur cultures et la consultation des BSV (bulletins de santé du végétal).

Pour réduire l’emploi de produits phytosanitaires, les agriculteurs déclarent avoir principalement contrôlé leur rotation, avoir mis en place de la lutte chimique raisonnée, la lutte mécanique ou encore avoir employé la génétique.

Afin d’adopter des pratiques visant à réduire l’utilisation des phytos, ils indiquent ainsi s’être formés (dont Certiphyto), avoir été conseillés par leurs fournisseurs ou des techniciens indépendants et avoir consulter la presse agricole et les BSV.

Les données montrent de plus qu’en 2017 très peu d’exploitations étaient engagées dans le réseau des fermes Dephy, une certification environnementale (niveau 1, 2 ou 3), un GIEE (Groupements d’intérêt économique et environnemental) ou un «groupe de 30000» du plan Ecophyto . La proportion d’agriculteurs ayant souscrit à des MAEC (Mesures agro-environnementales et climatique) était en revanche un peu plus élevée.

Céline Fricotté