« C’est exactement le même problème qu’on a eu sur les néonicotinoïdes », a déclaré Emmanuel Macron, répondant à une question sur son échec à sortir la France du glyphosate au micro du média en ligne Brut, le 4 décembre 2020.

Pas d’exception en France

« En 2016, on dit on sort totalement des néonicotinoïdes, poursuit le chef de l’État. Simplement tous les pays européens mettent des exceptions, nous, on n’en met pas. Boum sur la betterave, les Allemands, les Belges et d’autres ont cette exception, on ne l’a pas. »

Et voilà une distorsion de concurrence qui, selon Emmanuel Macron, explique pourquoi le gouvernement français a dû faire marche arrière et accorder une dérogation temporaire pour l’utilisation de ces pesticides pour l’enrobage des semences de betteraves.

« On aurait importé du sucre »

« On n’aurait rien réglé du problème, assure le président. On aurait importé du sucre de ces pays, tué nos betteraviers sans régler le problème de fond. On ne peut pas gagner la bataille tout seul si on n’a pas les autres Européens parce qu’on crée sinon des distorsions de concurrence. »

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Quant à la question de rétablir des barrières aux frontières pour protéger notre agriculture et les consommateurs des produits agricoles aliments produits avec du glyphosate ou des néonicotinoïdes, Emmanuel Macron la balaie.

« Un grand pays producteur mais qui exporte aussi beaucoup »

« Vous ne produisez pas tout vous-même, rappelle-t-il. La France est un grand pays producteur mais qui exporte aussi beaucoup. Et vous mangez beaucoup de choses qui sont produites chez vos voisins. »

« Le marché unique est quelque chose qui apporte beaucoup, y compris à vos agriculteurs en termes de revenu et d’accès à d’autres marchés, détaille Emmanuel Macron. Notre agriculture, elle, a été pensée à l’échelle européenne. »

Éric Roussel