« Malgré nos mises en garde et celles des autres organisations de producteurs, le contenu du projet de plan pollinisateurs et de l’arrêté « abeilles » n’a quasi pas évolué ». C’est ainsi que débute la lettre adressée par la Coordination rurale au président de la République, le 27 juillet 2021. L’objet du courrier est une « demande de rencontre au sujet du plan pollinisateurs » avec Emmanuel Macron.

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Une opposition à un plan qui « désigne l’agriculture comme seule coupable »

Elle souhaite en effet s’entretenir avec lui « dès que possible » afin de lui exposer ses arguments et lui faire part de ses « propositions pour un plan pollinisateur réaliste qui préserve tant les intérêts des apiculteurs que ceux des producteurs et qui soit au service de l’intérêt général et de l’environnement ».

Dans ce courrier, Le syndicat réaffirme donc son opposition au plan pollinisateurs qui « désigne l’agriculture comme seule coupable du déclin des pollinisateurs ». « Le monde agricole ne peut être tenu pour seul responsable quand on sait que les facteurs de cette regrettable situation sont multiples », insiste la Coordination rurale.

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La Coordination rurale demande une étude d’impact

Le syndicat remarque aussi que « les questions de sécurité relatives au travail de nuit n’ont pas été étudiées ni même appréhendées, alors que celui-ci est considéré comme un facteur de risque depuis 2015 ». Il demande au Président que soit réalisée une étude d’impact économique, technique et sociale du plan pollinisateurs « auprès de professionnels volontaires sur l’ensemble du territoire ».

La Coordination rurale rappelle que le plan pollinisateurs se fonde sur un avis de l’Anses, mais elle estime ignorer sur « quelles études scientifiques s’est basée l’Anses ». Elle demande donc que les résultats de l’étude d’impact soient « diffusés avant toute nouvelle discussion sur l’arrêté « abeilles » ». « Il est de plus indispensable que celles-ci soient faites en France pour permettre de prendre des décisions au plus proche de la réalité du terrain », souligne le syndicat.

La Coordination rurale conclut sa lettre en faisant part à Emmanuel Macron de son inquiétude face à « une montée en puissance de l’influence environnementaliste au sein du ministère de la Transition écologique qui peut prendre, de fait, des décisions déconnectées des réalités du terrain et ce faisant au détriment de l’économie, de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire ».

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Marie-Astrid Batut