Dans un communiqué de presse datant du 11 avril 2019, l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, rappelle que « les pesticides diffusent dans les milieux naturels où ils peuvent se transformer en une ou plusieurs autre molécule appelée « métabolite ». Ces métabolites chimiques sont susceptibles de contaminer les ressources en eau, voire l’eau distribuée au consommateur. Les contrôles de qualité des eaux révèlent de plus en plus de situations de dépassement des limites de qualité réglementaires nécessitant des mesures de gestion avant distribution. »

Afin de répondre à ces enjeux, la Direction générale de la santé a saisi fin 2015 l’Anses pour définir une méthodologie permettant d’identifier les métabolites pertinents réglementés par la directive relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH).

L’Anses propose ainsi aux autorités de gestion une méthode pour identifier, parmi les métabolites de pesticides, ceux qui devront faire l’objet d’une attention prioritaire au regard des enjeux sanitaires associés à la consommation de l’eau de boisson.

Application de la méthodologie

Afin de tester la méthodologie proposée, huit métabolites ont été évalués. Ces huit molécules sont des métabolites d’herbicides issus de quatre substances actives (dont deux ne sont plus autorisées). Parmi les huit molécules, cinq métabolites (1) ont été classés « non pertinents pour les EDCH » et trois métabolites (2) ont été classés « pertinents pour les EDCH ».

« Pour les métabolites évalués « pertinents », les limites de qualité en vigueur (0,1 µg/l et 0,5 µg/l) continueront de s’appliquer, signale l’Agence. Pour les métabolites évalués « non pertinents pour les EDCH », l’expertise a proposé une valeur seuil adaptée (0,9 µg/l). »

Enfin, l’Anses indique que le classement de la pertinence pour les EDCH est susceptible d’évoluer avec les connaissances scientifiques disponibles (réévaluation de substances actives, nouvelles données disponibles, etc.). De la même façon, l’évolution des connaissances vis-à-vis de nouveaux dangers et/ou l’évolution des méthodologies d’évaluation est susceptible de conduire à réviser la méthode proposée.

C.F.

(1) L’alachlore ESA, l’acétochlore ESA, l’acétochlore OXA, le métazachlore ESA et le métazachlore OXA.

(2) L’alachlore OXA, le métolachlore ESA et le métolachlore OXA.