« Est-il concevable que l’on autorise la pulvérisation des pesticides à 5 mètres d’une habitation où peuvent se trouver des jeunes enfants et des femmes enceintes ? s’interrogent FNE, Eau & Rivières de Bretagne, et Générations futures. Nos associations demandent une distance de sécurité efficace le long de toute zone cultivée de manière intensive. » Et cette distance, les trois ONG (organisations non gouvernementales) la fixent à 50 mètres.

Révision en cours

Elles rappellent que la révision de l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires est en cours. « Une procédure qui associe les syndicats agricoles, mais laisse les ONG de côté, dénoncent-elles. Celles-ci ne seront consultées que lorsque les quatre ministères (agriculture, environnement, santé et économie) se seront mis d’accord. Peut-on laisser, seule, la FNSEA décider de ce qui est nécessaire pour protéger la santé publique ? »

Comment FNE, Eau & Rivières de Bretagne, et Générations futures justifient-elles de porter à 50 mètres les ZNT (zones non traitées). En pointant du doigt l’arboriculture, où « les enjeux sont particuliers. En effet, le nombre de traitements est très important et le mode de pulvérisation provoque beaucoup de dérive au vent, même par temps calme. Il est prouvé que la dispersion des pesticides se produit jusqu’à 50 mètres du pulvérisateur. »

« Plus l’heure de tergiverser ! »

« La loi d’avenir avait commencé à prendre en compte les personnes les plus vulnérables (crèches, hôpitaux, maisons de retraite…) pour les épandages, rappelle Denez L’Hostis, le président de FNE. Là, il s’agit de protéger toute la population, à commencer par celle des agriculteurs et de leurs familles […], et de restaurer ces règles minimales de protection de notre environnement. Il n’est plus l’heure de tergiverser sur ces questions ! »

Les habitations ne sont pas les seules sur la liste que les ONG veulent protéger. « Alors que pour 92 % des points d’eau surveillés en France, la présence de pesticides est avérée, leur protection par une zone non-traitée de 5 mètres, qui existe depuis 2006, doit être maintenue, réclame Gilles Huet, le délégué général d’Eau & Rivières de Bretagne. Tous les cours d’eau, définis dans la loi relative à la biodiversité […] doivent être concernés par l’application de cette mesure. »