La SNCF, la FNCivam (1) et l’Apad (2) constituaient le deuxième groupe auditionné à l’Assemblée nationale le 4 avril 2019, dans le cadre de la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate.

Trois agriculteurs adhérents de l’Apad, François Mandin (président national), François Peaucellier (président de l’antenne picarde) et Benoît Lavier ont ainsi pu échanger avec — entre autres — Julien Dive, président de la mission, et Jean-Luc Fugit, co-rapporteur, tous deux issus du milieu agricole.

Après un rappel des bases de l’agriculture de conservation des sols (ACS), de son intérêt tant en termes environnementaux qu’économiques, François Peaucellier a présenté la plateforme mise en œuvre sur son exploitation picarde « avec une quinzaine de modalités pour réfléchir à la sortie du glyphosate ». Deux d’entre elles offrent « des solutions via les couverts à peu près concluantes en termes de concurrence avec le ray-grass, puisqu’on est passé de 3 000 à 10 pieds/m2. Toutefois les couverts coûtent cher à implanter », explique l’agriculteur. L’ensemble des résultats sera exposé lors de journées techniques, sur l’exploitation, les 22 et 23 mai.

Cette démarche, qui a séduit l’Apad nationale, a fait l’objet d’un dépôt de projet Ecophyto afin de pouvoir décliner cette expérimentation dans d’autres régions. « Il s’agit d’un enjeu national et personnel de chaque agriculteur », a insisté François Mandin. Parallèlement, l’Inra — qui suit les travaux de la plateforme — a été sollicité pour obtenir un soutien technique sur « la recherche de couverts végétaux pour un effet désherbage » et également sur « les outils d’écrasement » de ceux-ci.

La SNCF à la traîne

La SNCF, quant à elle, a tenté de convaincre. Elle épand jusqu’à 1 882 g/ha de glyphosate pour désherber ses voies avec des trains désherbeurs équipés de buses latérales contre 150 g/ha pour les grandes cultures conventionnelles selon les calculs de Julien Dive.

Certes, elle a divisé par trois la quantité de substances actives en 30 ans et des solutions sont envisagées, voire testées, pour des résultats escomptés sur le moyen-long terme : robots autonomes, nouvelles molécules de synthèse ou produits de biocontrôle, traitements par impulsion électrique ou géotextile sous les infrastructures au moment de leur renouvellement.

Mais il semble que la société de transport ferroviaire ne soit pas – encore – prête à se passer du glyphosate pour des questions de sécurité technique, de sécurité du personnel et des voyageurs. Mais aussi en raison des risques accrus d’incendie en période de sécheresse.

Isabelle Lartigot

(1) Fédération nationale des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural.

(2) Association pour la promotion d’une agriculture durable.