La coopérative bretonne est condamnée notamment pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse pour manquement à l’obligation de sécurité », stipule le jugement. Laurent Guillou et Stéphane Rouxel étaient employés par Nutréa, une usine de Plouisy, près de Guingamp, qui fabrique des aliments pour bétail.

Une hypersensibilité irréversible

Sous l’effet des pesticides utilisés, les deux hommes ont développé une hypersensibilité aux produits chimiques multiples qui les rend allergiques à toute molécule chimique. Irréversible, cette hypersensibilité se manifeste selon les cas par des maux de tête, des saignements ou encore un état de grande fatigue.

Laurent Guillou percevra globalement environ 31 000 euros et Stéphane Rouxel un peu moins de 27 000. De source juridique, on relève que, si le jugement était intervenu avant la loi Macron, les deux salariés auraient pu espérer une indemnité trois fois plus élevée.

Un audit européen au printemps

« Le moment est venu que les responsables de la coopérative Triskalia rendent compte de leurs actes devant la justice pénale », assurent dans un communiqué les associations et syndicat ayant soutenu les deux salariés, qui ont eu connaissance récemment de plusieurs autres cas de même nature. Par ailleurs, sollicité par les soutiens aux victimes, le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis devrait venir faire un audit, au printemps 2018, sur les pratiques des entreprises agroalimentaires bretonnes en matière de pesticides, précise le communiqué.

Quatre anciens salariés concernés

Le tribunal des affaires sociales (Tass) de Saint-Brieuc a reconnu en septembre 2014 la « faute inexcusable » de Nutréa pour l’intoxication en 2010 de MM. Rouxel et Guillou, déclarés inaptes au travail puis congédiés. Malades puis licenciés après avoir été intoxiqués par des pesticides dont ils avaient dénoncé l’utilisation sur des céréales, en tout quatre anciens salariés de la coopérative bretonne Triskalia sont engagés depuis plusieurs années dans un marathon judiciaire qui a révélé une utilisation contestable de produits chimiques dans l’agroalimentaire.

AFP