« L’Union européenne (UE) est inscrite dans une très forte dynamique d’export de blé tendre, qui confirme la forte demande des pays importateurs dans le contexte actuel », note Marc Zribi, chef de l’unité grain sucre de FranceAgriMer, lors d’un point de conjoncture le 13 mai 2020.

« Soit du fait de la crise Covid-19, soit du fait de récoltes moins bonnes qu’attendues, il y a une volonté d’augmenter les achats pour sécuriser les approvisionnements », explique-t-il, faisant référence à l’Égypte, le Maroc et l’Algérie.

Marc Zribi souligne : « la Chine est également très présente aux achats, avec une demande forte adressée à l’Union européenne ». Cela s’explique aussi par un regain de tension entre l’Empire du milieu et l’Australie, qui reproche à Pekin sa gestion de la crise sanitaire, sur fond de contentieux sur l’affaire Huawei.

Bonne compétitivité

« Le post d’exportation de blé tendre à l’échelle de l’Union européenne a été revu à la hausse à 31,8 Mt », précise Marion Duval, adjointe au chef de l’unité grains et sucre. Cela fait suite à une bonne compétitivité sur le marché international, « alors même que certains concurrents, comme les pays de la Mer Noire, sont moins présents ». La Russie a notamment limité ses exportations de céréales, et a atteint son quota le 26 avril.

« À 45 semaines de campagne, les exports de blé tendre européens se chiffrent à 29,6 Mt, contre 18,5 Mt l’année dernière. C’est une progression de 60 %. Environ un tiers de ces volumes sont exportés par la France », indique Marion Duval.

Spécifiquement pour l’Hexagone, les exports vers les pays tiers ont été revus en hausse de 100 000 t par rapport au mois dernier. En revanche, les exportations vers les pays de l’Union européenne ont encore été revues en baisse de 130 000 t. Cela s’explique par une moindre compétitivité de la céréale pour les fabricants d’alimentation animale de l’UE, au profit du maïs dont les cours sont actuellement bas.

H.Parisot