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« La sortie du glyphosate est une nécessité »

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Parole de ministre - « La sortie du glyphosate est une nécessité »
Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, était auditionnée le 5 novembre 2020 avec Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, par la mission parlementaire sur la stratégie de sortie du glyphosate.

Lors de la dernière audition de la mission parlementaire sur la sortie du glyphosate, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a rappelé que le gouvernement était pleinement déterminé à interdire le glyphosate dès lors qu’une alternative existait. Son homologue à l’Agriculture, Julien Denormandie, a pointé de son côté le nécessaire accompagnement des agriculteurs.

Les travaux de la mission parlementaire sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, créé il y a deux ans, vont s’achever d’ici à la fin de l’année, avec la publication d’un rapport final prévu « à la mi-décembre », a déclaré Julien Dive, député de l’Aisne et président de la mission, le 5 novembre 2020 lors de l’audition conjointe de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture. Lors de cette audition, les ministres ont rappelé que le gouvernement était pleinement déterminé à interdire le glyphosate dès lors qu’une alternative existait, même si cela implique des bouleversements dans les manières de faire.

À lire aussi : Sortie du glyphosate, l’Anses précise les interdictions et les restrictions d’usage (09/10/2020)

« Nous ne sommes qu’à la moitié du chemin »

« La sortie du glyphosate est une nécessité, pour la santé humaine, comme pour l’environnement et la biodiversité, il faut être à la hauteur de ce défi », a martelé Barbara Pompili rappelant que la molécule représentait encore 30 % des herbicides utilisés dans le pays. » […] « La France est clairement pionnière sur ce sujet, les résultats sont là mais il faut continuer, nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin », a ajouté la ministre.

Elle a précisé que la transition était engagée, avec des ventes de glyphosate au plus bas depuis dix ans pour les usages agricoles. En 2019, elles étaient de 6 100 tonnes contre 8 800 tonnes en 2017 et les usages non agricoles ont diminué de deux tiers depuis 2011.

« C’est mieux mais il faut faire plus, plus vite », insiste la ministre indiquant que l’intégralité des usages pour lesquels les alternatives existent sera prochainement interdite. Le gouvernement a travaillé avec l’Anses et l’Inrae pour identifier filière par filière, les usages pour lesquels des alternatives mécaniques ou non chimiques existeraient et ceux pour lesquels cela n’est pas encore possible.

À lire aussi : Glyphosate La moitié des usages interdite en 2021 (16/09/2020)

Accompagner les agriculteurs

« Cette sortie doit se faire avec méthode, en identifiant les alternatives non chimiques, en permettant une transparence totale des données et en accompagnant les agriculteurs », a expliqué Julien Denormandie.

Cet accompagnement passe notamment par un soutien financier. Il a été notamment rappelé que le plan de relance prévoit 135 millions d’euros affectés aux investissements en agroéquipements pour les agriculteurs modifiant leurs pratiques.

Par ailleurs, le ministre a annoncé une enveloppe de 7 millions d’euros supplémentaires débloquée pour la recherche d’alternatives au glyphosate. Elle s’ajoute aux 30 millions d’euros déjà prévus.

Besoin d’une autre ambition

Dans un communiqué diffusé le 5 novembre 2020, la Confédération paysanne considère que les annonces faites par les ministres lors de cette audition « ne changeront pas grand-chose ». « C’est d’une autre ambition dont nous avons besoin, estime le syndicat agricole. Celle de sortir du glyphosate, et plus largement de pesticides. Et pour cela, il faut protéger les paysans par un soutien économique majeur qui assure le changement de pratiques sur les fermes - financer les surcoûts en main d’œuvre, soutenir les pratiques agro-écologiques… -, par l’arrêt des politiques de libre-échange et l’instauration de prix minimum d’entrée pour valoriser les produits des paysan.ne.s à des prix rémunérateurs. »

Isabelle Escoffier
Vers une interdiction de tous les phytos en période de floraison

Lors de cette audition parlementaire, Barbara Pompili en a profité pour rappeler le travail en cours sur la définition d’un plan pollinisateurs. Il devrait être dévoilé d’ici à la fin de 2020 afin de « faire en sorte que les pollinisateurs soient protégés ». Une « batterie de mesures » est prévue, notamment une interdiction plus large des épandages de produits phytosanitaires en période de floraison. Seraient donc concernés les fongicides et les herbicides, au même titre que les insecticides actuellement. Julien Denormandie a ajouté vouloir se pencher sur tout ce qui concerne le volet des « champs nourriciers ».

Stigmatisation

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse et co-rapporteur de la mission a alerté sur le fait que le plan pollinisateur obligerait les agriculteurs à pulvériser la nuit. « Encore une fois, il s’agit d’une stigmatisation et d’une véritable agression envers les agriculteurs alors que nous devons les accompagner vers une transition agro-écologique », a-t-il estimé. Et de poursuivre : « Imaginez la réaction des riverains en voyant les agriculteurs pulvériser en pleine nuit. Allons-nous obliger des salariés à travailler la nuit pour que leur déplacement ne nuise pas à l’environnement ? C’est insupportable et incompréhensible. »

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