La CEPM estime dans un communiqué daté du 27 mai 2020, que la Commission européenne « oriente l’agriculture de l’Union européenne sur la voie de la décroissance sans tenir compte des enseignements de la pandémie du coronavirus ». La CEPM réagit à la présentation par la Commission européenne, le 20 mai dernier, de deux stratégies, De la fourche à la fourchette et biodiversité, détaillant la contribution attendue du secteur agricole au pacte vert européen.

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Le maïs apporte des solutions

« Au-delà de l’extraordinaire potentiel de production, par son aptitude à stocker du carbone dans le sol et sa capacité à fournir des énergies propres (biocarburants, biogaz), le maïs apporte des solutions que l’Union européenne ne peut ignorer », juge le syndicat, fustigeant les stratégies « De la ferme à la table » et « Biodiversité » déployées dans le Green Deal.

Pour la CEPM, la Commission se « dessaisit » des atouts du maïs « en poursuivant des objectifs insensés : « 10 % de la surface agricole non productive, réduction des phytos de 50 % et des engrais de 20 %, développement de l’agriculture biologique à hauteur de 25 % et qu’importe si le marché n’est pas là ! »

Risques de pertes de production

Les maïsiculteurs européens, qui acceptent de poursuivre l’évolution de leurs pratiques, estiment toutefois que ces objectifs amèneront « d’énormes pertes de production à l’échelle européenne et des importations massives de produits obtenus avec des méthodes qui y sont interdites ! ». Avec au final, l’incapacité pour la maïsiculture « de répondre aux enjeux actuels et à venir ». Ils demandent donc une « protection de l’agriculture européenne » touchée par « d’insupportables distorsions de concurrence » et l’accès aux produits issus des biotechnologies.

« Black deal »

Et Daniel Peyraube, le président de la CEPM de conclure : « Faisant fi des enseignements de la crise du Covid qui ont remis en lumière la nécessité d’une alimentation abondante, locale, de qualité, et de la capacité de l’agriculture à répondre à l’urgence climatique, ce green deal a aujourd’hui tout d’un black deal ».

Isabelle Escoffier