L’essor de l’agriculture biologique en France constitue une véritable opportunité pour les marchés comme celui de l’huile et des légumes secs. Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, a effectué une étude sur les principales filières françaises des oléagineux (soja, tournesol, colza, lin), protéagineux (pois, féverole, lupin) et légumes secs (lentilles, pois chiche) issus de l’agriculture biologique, pour renforcer leur accompagnement.

Des filières en développement

Les grandes cultures conduites en agriculture biologique représentent aujourd’hui 3,4 % des surfaces en France. Les surfaces d’oléagineux, protéagineux et légumes secs ont régulièrement progressé depuis 2013. En tête viennent les légumes secs dont les surfaces ont plus que doublé (+57 % entre 2013 et 2017, d’après l’Agence bio). Les oléagineux ont progressé de 10 % et les protéagineux de 1 %.

Cependant la production reste hétérogène sur le territoire. Au Sud, ce sont plutôt les filières d’oléagineux et protéagineux qui se sont fortement développées (soja, tournesol, pois chiche et lentille), tandis qu’au Nord les protéagineux (pois, féverole et lupin) représentent plus de 60 % de la collecte oléoprotéagineuse.

Difficultés à répondre aux demandes croissantes

« Un doublement des surfaces de grandes cultures biologiques d’ici à 2022 permettrait de satisfaire les demandes en forte croissance des principaux marchés comme celui de l’alimentation animale », écrit Terres Univia dans son rapport. Car à l’heure actuelle, l’approvisionnement français reste insuffisant, autant pour l’alimentation animale qu’humaine. 70 % des graines de tournesol triturées sont d’origine française et 30 % sont importées par manque de quantité disponible.

Pour le colza, seulement 20 % des graines utilisées proviennent de la France, et 80 % proviennent de l’Europe, notamment de la Roumanie et de l’Italie. Même scénario pour le soja : les triturateurs se tournent vers des graines importées de l’Italie et du Togo. Les filières avicoles représentent 61 % des débouchés des aliments biologiques produits en 2015. « Les structures qui démarrent en bio font parfois le choix de se différencier en se positionnant majoritairement sur le débouché monogastrique », indique l’étude.

Des verrous techniques

« La diversification de la collecte, les faibles volumes collectés par espèce, l’hétérogénéité des lots livrés et les taux d’impuretés élevés rendent le travail du grain complexe et coûteux au niveau de l’organisme collecteur », rapporte Terres Univia. Si les surfaces en association se développent chez les producteurs, elles ajoutent des contraintes pour l’organisme collecteur, en termes de tri et de logistique qui se répercutent sur le coût du travail du grain. D’après l’étude, il serait nécessaire d’investir dans des installations de stockage et de tri pour la collecte.

J.P.