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Les producteurs de maïs semences sont mécontents

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Contractualisation - Les producteurs de maïs semences sont  mécontents
À Caussade, cent cinquante producteurs se sont réunis, fin mars, pour demander à être entendus par le nouveau semencier Lidea. © DR

La première campagne de maïs semences de Lidea a démarré difficilement et l’entreprise promet une meilleure concertation.

À quelques jours des semis de maïs semences, des agriculteurs multiplicateurs d’Occitanie sont inquiets. Venus de neuf départements, ils étaient cent cinquante, fin mars, à se rassembler devant l’ancien siège de Caussade semences group (CSG), à Caussade (Tarn-et-Garonne) pour signifier leur mécontentement à Lidea, nouveau géant français du secteur.

Créée en septembre 2020, de la fusion entre Euralis semences et CSG, l’entreprise travaille avec 1 600 producteurs. « Nous gardons un ancrage fort dans le Sud-Ouest, avec 25 000 ha de semences, dont 12 000 ha de maïs, assure Cédric Poeydomenge, le directeur communication. Et nous avons souhaité présenter un cadre contractuel harmonisé sur l’ensemble du territoire. »

Consultation préalable

Sauf qu’auprès des multiplicateurs d’Occitanie, qui avaient l’habitude de travailler avec CSG, le courant passe difficilement. Le 8 avril 2021, Alain Durade, producteur à Réalville (Tarn-et-Garonne) et représentant des producteurs de maïs semences du département, expliquait : « Depuis soixante-dix ans, les agriculteurs négocient avec les semenciers avant la campagne. Aujourd’hui, on nous refuse le dialogue. Sans aucune consultation préalable du réseau, on nous impose de nouvelles conditions de rémunération, déconnectées de la réalité des terroirs, qui vont de l’Hérault à l’Atlantique. Lidea voudrait que l’on signe des contrats sans connaître la variété à semer, ni le rendement de référence et nous dit : “C’est comme ça et pas autrement.” Nous refusons de signer un chèque en blanc. »

Coûts de production

En proie à « une colère grandissante », les agriculteurs souhaitent aussi que les coûts de production, en forte croissance ces dernières années, soient revalorisés. « Avec les nouvelles façons de calculer de Lidea, les bons producteurs perdront au minimum 380 euros par hectare, ajoute Alain Durade. Certains ont déjà signé avec d’autres semenciers. D’autres sèmeront du maïs de consommation à la place du maïs semences. »

L’entreprise a reconnu qu’elle avait pris du retard pour finaliser son contrat et a entamé, la semaine dernière, des réunions de concertation avec les représentants des syndicats de producteurs, pour évoquer les rendements de référence et le cadre de règlement de fin de campagne. « Nous allons poursuivre ces échanges tout au long de l’année, afin qu’il n’y ait plus d’incompréhension », promet Cédric Poeydomenge.

Florence Jacquemoud
Les ambitions du semencier

Semencier multi-espèces (maïs, colza, tournesol, céréales à paille, fourragères, soja…), Lidea produit 45 000 ha en France, Roumanie, Ukraine, Espagne et Russie. Il réalise 350 M€ de chiffre d’affaires, dont 100 M€ en France, où il compte accroître son activité de 20 % d’ici à 2025.

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