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Pourquoi le prix du blé pourrait s’affaisser

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Observatoire - Pourquoi le prix du blé pourrait s’affaisser
Il ne semble pas envisageable de prévoir des exportations maritimes conséquentes au départ de l’Ukraine très prochainement. (photo d’illustration) © Cédric Faimali/GFA

Le renforcement des flux vers l’Union européenne pourrait aider l’Ukraine à écouler son blé, mais cela risque de ne pas être suffisant pour équilibrer les marchés.

Après l’explosion des prix du blé en France au lendemain de la guerre en Ukraine, la tendance de fond est restée globalement haussière. Les prix avaient pourtant légèrement baissé en mars ; mais ils ont vite repris leur ascension à cause de la sécheresse sur les blés d’hiver aux États-Unis en avril, puis en mai dans l’ouest de l’Union européenne.

Fin mai, trois facteurs baissiers se sont conjugués pour empêcher les prix des blés français de dépasser durablement les 420 €/t rendu Rouen : le retour des pluies en France, la perte d’attractivité à l’exportation de blés français devenus trop chers, puis les discussions au sujet d’une éventuelle réouverture des ports ukrainiens.

Évolution du prix du blé rendu Rouen, base juillet.

Mais avec les fortes chaleurs de la mi-juin, les prix sont repartis à la hausse poussés aussi par le manque d’avancée des négociations menées par l’ONU concernant les éventuels corridors sécurisés pour les exportations maritimes de l’Ukraine.

Les flux terrestres vers l’Union européenne, un pis-aller

L’ONU n’arrive pas à mettre les différents protagonistes d’accord : la Russie exige l’allègement des sanctions qu’elle subit et l’Ukraine ne veut pas risquer de se rendre militairement vulnérable en déminant ses ports. Il ne semble donc pas envisageable de prévoir des exportations maritimes conséquentes au départ de l’Ukraine très prochainement. Et le bombardement russe d’infrastructures de stockage dans le port de Mykolaïv le 5 juin n’est pas de nature à instaurer la confiance.

La piste des exportations par l’ouest du pays (vers l’Union européenne ou pays tiers ensuite) semble un peu plus vraisemblable. Elle se pratique déjà par voie terrestre (ou fluviale) via la Pologne et la Roumanie pour le maïs. Mais la capacité logistique fait défaut aux frontières, que ce soit celle de stockage, de contrôle, d’analyse ou de transbordement pour les transports par train, à cause de la différence d’écartement des rails entre l’Ukraine et l’Union européenne.

À lire aussi : La Roumanie, « une autre voie » pour sortir les céréales d’Ukraine (17/06/2022)

Évolution des exportations de blé tendre ukrainien.

Si l’Ukraine parvient à écouler environ 10 millions de tonnes de blé d’ici l’été 2023 (mais il faudra pour cela des sorties maritimes à un moment donné), le monde, avec la grosse récolte russe en vue, arrivera à faire face à ses besoins en blé, compte tenu du fait qu’une partie de la demande potentielle a déjà disparu à cause des prix élevés. Cela touche l’alimentation animale (baisse de la production de viande) et humaine (ralentissement déjà des achats de certains pays). Dans ce cas, les prix pourront se dégonfler. Dans le cas contraire, la tension mondiale mettra plus de temps à se résorber.

Andrée Defois – Tallage/Stratégie Grains

Plan d’action européen en soutien à l’Ukraine

Face au renforcement des besoins logistiques à l’ouest de l’Ukraine, l’Union européenne a annoncé un plan d’action pour aider ce pays à exporter ses produits agricoles via des itinéraires logistiques alternatifs à la voie maritime. Elle a proposé la mise en place d’une plateforme pour faciliter les échanges entre les acteurs de la chaîne logistique et la mise à disposition de matériel (camions, péniches, silos).

Les États-Unis ont annoncé aussi leur soutien pour la construction de silos temporaires le long de la frontière de l’ouest de l’Ukraine. Une délégation du comité « agriculture » du Parlement européen devrait se rendre prochainement à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne pour étudier la question.

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