Ne pas ajouter des contraintes

Ce plan travaillé en parallèle du projet de loi prévoyant des dérogations pour l’utilisation des néonicotinoïdes va contenir « les engagements de la filière pour limiter les risques pour les pollinisateurs », a expliqué Franck Sander, le président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) ce 31 août 2020 à La France Agricole.

« Le risque est qu’on ajoute des contraintes aux dérogations, s’inquiète le président de la CGB. Plus on travaille en amont, mieux c’est. » Et d’ajouter : « L’ITB (Institut technique de la betterave) est très sollicité car il y a beaucoup de questions techniques. »

Le ministère de l’Agriculture avait prévenu : l’examen de toute demande de dérogation sera associé à des conditions strictes d’usage : seule l’utilisation via l’enrobage des semences est envisagée et celle par pulvérisation demeurera interdite, afin de limiter les risques de dispersion du produit.

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Pas de cultures mellifères après betterave

Il sera interdit de semer des cultures mellifères après la betterave afin de pas exposer les insectes pollinisateurs aux résidus éventuels de produits. Autre interdiction : il ne faudra pas implanter de Cipan (culture intermédiaire piège à nitrate) avec des espèces mellifères après la céréale à paille qui suit la betterave ou alors « il faudra s’engager à la broyer avant que cela monte en fleurs », précise Franck Sander.

Concernant la dose d’imidaclopride (matière active de la famille des néonicotinoïdes) pour l’enrobage de la semence, elle devrait baisser par rapport à la dose d’avant interdiction (90 g de matière active pour 100 000 graines, et pour le thiamétoxam, 60 g pour 100 000 graines). « Vu que la dérogation ne dure que trois ans, il n’y a moins de risque de résistance », souligne le président de la CGB.

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Isabelle Escoffier