L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a rendu le 23 décembre 2020 un avis sur les néonicotinoïdes faisant suite à une saisine de septembre 2020. L’objet du rapport était de préciser les mesures d’atténuation des risques de dissémination dans l’environnement et d’effets néfastes sur les organismes non ciblés, en particulier les insectes pollinisateurs et les oiseaux.

Retour provisoire des néonicotinoïdes

Ce rapport intervient dans le cadre du projet de loi, autorisant les ministres chargés de l’Agriculture et de l’Environnement à déroger, sur le fondement de l’article 53 du règlement (CE) N° 1107/2009, jusqu’au 1er juillet 2023, à l’interdiction d’utilisation de semences traitées avec des produits contenant des néonicotinoïdes ou des substances présentant un mode d’action identique. Le projet d’arrêté à ce sujet est d’ailleurs en consultation depuis le 4 janvier 2021.

> À lire aussi : Le retour des néonicotinoïdes publié au Journal officiel (15/12/2020)

Choisir des cultures non attractives

Afin de protéger les abeilles domestiques, bourdons et abeilles solitaires, l’Anses propose ainsi de limiter l’implantation de cultures qui suivent à des espèces non attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs.

Autre conseil : restreindre la floraison des adventices lors de l’implantation des cultures suivantes. « L’implantation des couverts après la culture suivante se fera à l’aide d’espèces peu attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs, ajoute encore l’Anses. Sinon, il faudra éviter leur floraison, ou recourir à une destruction avant floraison. »

Céréales, choux, endives… en N + 1

Ainsi, après une culture en année N de betteraves sucrières dont les semences ont été traitées avec de l’imidaclopride ou du thiaméthoxame, l’Agence suggère, en s’appuyant sur l’indicateur de « risque » (1) de l’Itsap (Institut de l’abeille), d’implanter :

  • À partir de l’année N + 1 : avoine (indice de risque : 2 — voir en note), blé (6), choux (0), cultures fourragères non attractives (0), cultures légumières non attractives (0), endive (0), fétuque (semences) (0), moha (4), oignon (0), orge (6), ray-grass (0), seigle (2) ;
  • À partir de l’année N + 2 : chanvre (8), maïs (8), pavot/oeillette (8), pomme de terre (8) ;
  • À partir de l’année N + 3 : colza (9), cultures fourragères mellifères (9), cultures légumières mellifères (6), féverole (9), lin fibre (9), luzerne (9), moutarde tardive (9), phacélie (9), pois (fourrager) (9), radis (9), tournesol (9), trèfle (9), vesce (9).

Pour protéger les oiseaux

L’Anses propose de plus pour protéger les oiseaux, de s’assurer que les semences traitées sont entièrement incorporées dans le sol, et notamment en bout de sillons et de récupérer toutes les semences traitées accidentellement répandues.

À lire aussi sur DecodAgri : Les abeilles ne butinent pas les betteraves, mais sont-elles pour autant en sécurité ? (18/12/2020)

Céline Fricotté

1. L’indicateur de risque ou IR obtenu pour chaque culture est précisé entre parenthèses. Il comporte trois catégories : faible (IR ≤ 9) ; modéré (9 < IR ≤ 12) ; et élevé (IR > 12).