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« Le système agricole encourage leur utilisation préventive », selon l’Unaf

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Néonicotinoïdes
 - « Le système agricole encourage leur utilisation préventive », selon l’Unaf
© C. Fricotté/GFA

Les apiculteurs demandent que la question de retrait des néonicotinoïdes soit considérée en dehors des habitudes et modes de fonctionnement du système agricole actuel.

L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) a présenté ce jeudi 19 octobre 2017, les résultats d’un rapport sur les néonicotinoïdes qu’elle a commandé. Il reprend certaines données comme des chiffres d’utilisation de ces insecticides sur les cultures (20 % de la SAU française) ou encore des résultats d’études internationales à leur sujet et donc « met en lumière que ces utilisations exposent gravement les abeilles », affirme l’Unaf.

Les politiques publiques pointées du doigt

« Sur les causes de cette situation, le rapport pointe du doigt les politiques publiques qui encouragent l’utilisation préventive des néonicotinoïdes en faisant bénéficier de privilèges les applications de pesticides en traitement de semences », estime le syndicat. Pour l’Unaf, ce travail met en évidence la dépendance des agriculteurs vis-à-vis de leur coopérative et les intérêts financiers de ces dernières à commercialiser des produits phytosanitaires et des semences traitées.

Le syndicat conclut qu’à travers cette étude : « On comprend que la réponse à la question “peut-on se passer des néonicotinoïdes ?” tient moins à l’existence de techniques agronomiques ou de produits de remplacement qu’aux verrous qui ont été mis en place depuis plus de 20 ans sur l’utilisation des néonicotinoïdes en traitement de semences. » En conséquence, l’Unaf sera extrêmement attentive aux avis de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) sur les alternatives aux néonicotinoïdes attendus à la fin de 2017 ou au début de 2018.

« Nous appelons l’Anses et le gouvernement à considérer la question en dehors des habitudes et modes de fonctionnement du système agricole actuel. » L’Unaf appelle le gouvernement à mettre fin au régime de faveur dont bénéficient les traitements de semences. Elle sera par ailleurs particulièrement vigilante à la mise en œuvre de la promesse du président de la République quant à la séparation du conseil et de la vente sur les pesticides.

Le sulfoxaflor inquiète les apiculteurs

De plus, alors que les néonicotinoïdes sont sur la sellette, l’Unaf s’inquiète de la récente autorisation de mise sur le marché de Closer et Transform, deux insecticides de Dow AgroScience à base de sulfoxaflor. Si la firme rappelle qu’il ne s’agit en aucun cas d’un néonicotinoïde mais d’une matière active appartenant aux sulfoximines, pour les apiculteurs c’est un mensonge. « Avec ces deux AMM, on remplace les néonicotinoïdes interdits dans la loi biodiversité par… de nouveaux néonicotinoïdes. »

« L’Anses nous assure que ces utilisations ne seront pas faites au détriment des abeilles et que les impacts de la molécule seront suivis de près dans le cadre du dispositif de « phytopharmacovigilance », s’inquiète l’Unaf. Cela revient à dire que l’utilisation en plein champ va servir de lieu d’expérimentation afin d’évaluer la toxicité réelle du sulfoxaflor. » Le syndicat demande donc que cette substance active soit intégrée de toute urgence dans la liste des néonicotinoïdes devant être interdits.

Débloquer des aides financières rapidement

Cette enquête intervient dans un contexte d’importations de miels à bas prix, parfois frauduleux, (voir l’encadré) et d’une récolte de miel à nouveau catastrophique en 2017, « de nouveau en dessous des 10 000 tonnes », précise l’Unaf. Aux mauvaises conditions climatiques (printemps précoce, gelées tardives, sécheresse, vent du Nord) se sont ajoutés, les attaques de frelons asiatiques, toujours fortes, et l’emploi des néonicotinoïdes.

Les récoltes sont en baisse dans nombre de régions. Ainsi, elles diminuent de 60 à 80 % par rapport à la normale dans la Provence-Alpes Côte d’Azur, le Rhône-Alpes, le Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon. « On observe des colonies en grande souffrance et de nombreux apiculteurs sont inquiets et se demandent si leur cheptel parviendra à survivre à l’hiver », signale le syndicat apicole.

L’Unaf demande donc au ministre de l’Agriculture que soit mis en place sans tarder des mesures d’aides financières exceptionnelles et la reconnaissance en calamité agricole pour les exploitations les plus touchées. « Il en va de la survie de la filière. »

C. Fricotté
L’UFC-Que Choisir et l’Unaf réclament une réelle traçabilité du miel

© Pixabay
© Pixabay

Face à la multiplication des fraudes, et soucieuses de garantir aux consommateurs une information loyale et pertinente, les deux organisations réclament la mention obligatoire des pays d’origine pour les miels mélangés.

Alors que la production française de miel a considérablement chuté et ne permet pas de satisfaire la consommation nationale, de plus en plus de miels mélangés, provenant de divers pays, fleurissent dans les rayons mais avancent masqués quant à leur origine. Face à la multiplication des fraudes, et soucieuses de garantir aux consommateurs une information loyale et pertinente, l’UFC-Que Choisir et l’Union nationale de l’apiculture française réclament la mention obligatoire des pays d’origine pour les miels mélangés.

30 000 tonnes importées

Les miels d’importation représentent aujourd’hui plus de 30 000 tonnes, soit les trois quarts des miels consommés dans notre pays. Ces miels proviennent principalement de la Chine, de l’Ukraine, de l’Argentine, de la Hongrie, de l’Espagne et de l’Italie.

Cette absence de transparence aboutit à ce que 80 % des consommateurs pensent à tort consommer du miel français, alors qu’il s’agit le plus souvent de mélanges provenant de différents pays et à la qualité variable. En effet, certains pays d’origine, à commencer par le premier pays producteur, la Chine, sont souvent épinglés pour des fraudes comme l’ajout de sirop de sucres.

En 2014, les tests de l’UFC-Que Choisir avaient ainsi constaté que sur 20 miels de premier prix achetés dans diverses enseignes de la grande distribution, six présentaient des ajouts de sucre, soit presque un tiers des produits. En 2015, une étude de la Commission européenne dénonçait le fait qu’un miel sur trois n’était pas conforme.

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