Interrogé le 27 août 2020 sur les néonicotinoïdes lors d’un entretien sur RTL, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a insisté sur le fait que sa « priorité c’est la betterave ». Cela « pour deux raisons : parce qu’il y a une spécificité, c’est que la betterave ne fait pas de fleurs et qu’il y a un outil industriel très particulier, les sucreries. Si elles n’ont pas de betteraves, elles peuvent s’arrêter en un an et mettre à plat toute une filière », a-t-il ajouté.

Une façon de fermer la porte à une demande de dérogations pour d’autres cultures, le maïs par exemple.

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Débats relancés

Le ministre de l’Agriculture a annoncé le 6 août dernier « une modification législative » à l’automne pour ré-autoriser temporairement l’usage des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves. Annonce qui a relancé les débats sur cette famille chimique, certaines organisations environnementales et syndicats ne voulant pas de cette dérogation.

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« Aujourd’hui, on a une question de souveraineté : est-ce que demain vous voulez manger du sucre belge sur le territoire national ou continuer à manger du sucre français ? a demandé le ministre au journaliste l’interrogeant. Moi je veux continuer à manger du sucre français. »

Efforts financiers sur la recherche

Et d’indiquer mettre « des efforts financiers très importants […] avec Barbara Pompili, ministre de l’Ecologie, sur la recherche agronomique pour trouver des alternatives. On a deux à trois ans pour trouver [ces alternatives]. »

Dynamiques en cours sur le glyphosate

Concernant le glyphosate, le ministre de l’Agriculture a répondu que « l’engagement que nous avons est de l’interdire lorsqu’il n’y a pas de substitution ». « Un tiers des agriculteurs sont déjà sortis du glyphosate, il y a des dynamiques qui sont en cours », martèle Julien Denormandie, se disant être « pour une écologie de progrès qui accompagne des transitions ».

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Isabelle Escoffier