Dans un communiqué de presse paru le 25 mai 2021, la préfecture de la Seine-Maritime a confirmé une pollution de la Seine au thiaméthoxame, identifiée le samedi 22 mai 2021 par les gendarmes de la brigade fluviale de Rouen.

Située à hauteur du quai du port de plaisance de la ville, la surface d’emprise a été constatée sur 500 m2 environ et la source localisée sur une entreprise de transport à Canteleu. Un récipient percé contenant cette matière active (un néonicotinoïde) serait la cause de l’incident, qui, couplé à de fortes précipitations, a entraîné le produit dans le fleuve.

Dépôts de plainte en cours

Dans un communiqué paru le même jour, la métropole Rouen Normandie s’est insurgée de cette « situation inacceptable » qu’elle juge comme un « nouveau scandale » après l’incendie de l’usine Lubrizol le 26 septembre 2019. « La Métropole Rouen Normandie va porter plainte contre X dans le cadre de cet événement », a donc annoncé le communiqué.

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De son côté, Générations futures a aussi réagi le 26 mai 2021 : « Avec cet accident, on voit bien que ces produits ultratoxiques menacent non seulement les pollinisateurs lors de leur utilisation mais aussi l’ensemble des écosystèmes. » L’association réfléchit actuellement à « la meilleure façon de porter plainte également dans cette affaire avec son avocat ».

Une pollution sous les seuils létaux pour la faune aquatique

Rappelant que la production, le stockage et la circulation de cette matière active sont autorisés en France jusqu’au 1er janvier 2022, la préfecture de la Seine-Maritime a annoncé qu’aucun impact sur la faune et la flore n’avait pour le moment été observé. « Les modélisations réalisées ont mis en lumière une pollution très inférieure aux seuils entraînant un risque létal pour la faune aquatique (à savoir de l’ordre de 0,8 mg/l, la dose létale pour la faune aquatique s’établissant à 100 mg/l, soit plus de 100 fois moins) », indique ainsi la préfecture.

Une enquête judiciaire a été ouverte « afin d’établir les causes de l’incident ainsi que les responsabilités, souligne le communiqué. Elle permettra également de caractériser les quantités de produit présentes sur ce site logistique, au regard de la réglementation applicable ».

Charlotte Salmon