Un appel à plus de responsabilité dans les négociations en cours est lancé par des organisations de producteurs de tomates destinées à la transformation (APAAF, APTO-2, Terres du Sud Fruits et Légumes et Valsoleil), dans un communiqué de presse du 23 février 2021.

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Des prix qui ne sont pas à la hauteur des coûts

Les États généraux de l’alimentation (EGA) visent à apporter « des prix plus rémunérateurs pour les agriculteurs et l’adaptation des productions aux attentes des différents marchés et des transformateurs », précise le communiqué.

Mais les producteurs font face à de nombreuses contraintes et des investissements sont nécessaires pour réaliser la transition agroécologique, dans un contexte d’aléas climatiques de plus en plus fréquents. Ainsi, « leur rémunération actuelle est en complet décalage avec les engagements qu’on exige d’eux » et « la valorisation actuelle de leur tomate n’est pas alignée sur les coûts engendrés », estiment les organisations de producteurs.

Ces dernières attendent donc une plus juste rémunération pour les producteurs de la part des responsables et acteurs de la grande distribution, et ainsi mieux valoriser les efforts réalisés pour répondre à la demande des consommateurs.

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Quelques centimes pour redonner une viabilité économique

Selon ces organisations de producteurs, « il ne faut que quelques centimes d’euros pour redonner une viabilité économique à toute une filière de production ».

Pour exemple avec le Ketchup : « dans 1 kilogramme de Ketchup vendu en moyenne 3€40 au consommateur, il y a, suivant les recettes, 1,5 à 2 kilogrammes de tomates fraîches qui sont payées aux producteurs entre 12 et 16 centimes », indique le communiqué.

Les organisations expliquent qu’une augmentation des prix par la grande distribution de 2 à 3 centimes par kilogramme de Ketchup ou de sauce permettrait à l’ensemble des acteurs de la filière tomate transformée de pérenniser leurs outils de production agricole, de transformation agroalimentaire, et de renouveler ainsi les générations tout en garantissant la qualité et la souveraineté alimentaire française exprimées et attendues par tous.

Pour le consommateur final, cela signifierait un différentiel de prix de 1 centime par mois (pour une consommation de 3 à 5 kilogrammes par an) selon les organisations.

Si des dispositions ne sont pas prises, les organisations de producteurs craignent l’arrivée de produits importés avec pour conséquence de « détruire nos territoires, nos emplois et notre économie ».

Charlotte Salmon