« Malgré plusieurs tentatives pour engager le dialogue et expliquer nos actions de développement de l’agroécologie et notre engagement sociétal, ces personnes ont refusé tout dialogue au profit d’une action coup de poing », regrette sur son compte Linkedin Top Semence (union de 11 coopératives, productrice de semences) qui assure avoir « toujours œuvré dans la transparence » et s’inscrire « totalement dans la légalité ».

Plusieurs sacs de semences bio saccagés

Les Faucheurs volontaires ont détruit, selon un communiqué de l’Anamso (Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences d’oléagineux) paru le 17 juin 2021, « de nombreux sacs de semences, dont des semences de colza et tournesol, y compris des lots de semences bio destinés à l’agriculture biologique. »

« Nous dénonçons ces variétés OGM rendues tolérantes aux herbicides qui continuent à polluer l’eau, les sols et tout le vivant. Ce sont les instruments d’un modèle agricole industriel qui mène à la catastrophe écologique », expliquent les Faucheurs Volontaires dans un communiqué de presse publié le 14 juin 2021 après leur action.

Gouvernement « hors la loi »

Les militants jugent que ces semences sont « illégales » et « contaminent toute la filière ». « Le gouvernement refuse toujours d’appliquer les injonctions du Conseil d’État en février 2020 faisant suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, explique l’organisation. Il aurait dû interdire la mise sur le marché de ces semences OGM. Rien n’a été fait. Les Faucheurs volontaires se retrouvent ainsi dans l’obligation d’agir face à l’état de nécessité. »

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Les Faucheurs volontaires regrettent par ailleurs que le gouvernement fasse « pression pour mettre en chantier une modification de la loi européenne afin que l’industrie semencière puisse continuer à frauder en paix et à tromper les paysans et la société civile ».

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« Filière tout entière pénalisée »

L’Anamso tient, quant à elle, à rappeler que « les variétés concernées par la loi sur la mutagenèse maintenant considérées comme des OGM ont été retirées du marché et sont interdites à la commercialisation ».

« Dans un contexte réglementaire déjà difficile et de plus en plus contraignant pour nos multiplicateurs de semences, ces actes sont incompris et pénalisent le travail d’une filière tout entière », regrette l’association.

Variétés VTH indispensables pour lutter contre l’ambroisie

Pour le collectif Marre des faucheurs, « les actions de ces militants environnementalistes bafouent le droit à la propriété privée, piétinent le travail d’autrui et sont par conséquent illégales ».

Dans un communiqué paru le 14 juin 2021, le collectif estime que « les agriculteurs doivent pouvoir bénéficier de toutes les solutions autorisées pour leurs semis de tournesol dont les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) qui demeurent indispensables » pour désherber notamment l’ambroisie. Et de citer l’exemple du tournesol pour lequel « sans VTH, il ne serait plus possible de le cultiver dans de très nombreuses régions en France. C’est le cas dans la vallée du Rhône et dans le Sud-Ouest de la France notamment. »

Isabelle Escoffier
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